I. |)e l'italien /'r/'croHc, voleur
ayant manqué à ses engagements, Scanon s'en vengea par une satire, rentra dans ses droits et fit valoir lui-même ses offices, qui lui valurent environ six mille livres (i). »
Un nid était trouvé où le poète pouvait se reposer mollement et en toute liberté, sans craindre les fluctuations de la faveur. Mais la mort n'était pas loin...
La veille de son dernier jour, Scarron, qui devait mourir comme il avait vécu, le sourire aux lèvres, se montra plus que jamais prodigue de bouffonneries : c'était, ainsi que nous le dirions aujourd'hui, le bouquet du feu d'artifice. Il avait réuni, dans un dîner qu'il ne croyait pas être un dîner d'adieu, le loquace Gilles JVlénage; l'avocat Nublé, cet homme d'une probité si scrupuleuse, qui voulut payer cinq mille écus un bien que, par ignorance de sa valeur réelle, le pauvre cul-de-jatte lui avait vendu quatre mille; le peintre Mignard, venu pour achever le portrait de Madame Scarron, et qui avait l'idée fixe de mettre dans tous ses tableaux sa fille unique et bien-aimée qu'entretenait Bloin, premier valet de chambre du roi; le grotesque abbé Dulot, l'inventeur des bouts-rimés, que Sarrazin a si spirituellement houspillé, et que ses ridicules avaient fait inviter; enfin le célèbre comte de Gramont, que des intrigues de cour devaient bientôt faire exiler, et dont Saint-Simon a dit :
« C'étoit un chien enragé à qui rien n'échappoit. Sa poltronnerie connue le mettoit au-dessus de toutes suites de ses morsures ; avec cela escroc avec impudence et fripon au jeu à visage découvert, et jouant gros jeu... Ni parole ni honneur, ni quoi que ce fût, jusque-là qu'il faisoit mille contes plaisants de luimême et qu'il tiroit gloire de sa turpitude, si bien qu'il l'a laissée à la postérité par des Mémoires sur sa vie qui sont entre les mains de tout le monde et que ses plus grands ennemis n'auroient osé publier (2). »
Au bout de la table se tient la maîtresse du logis, avec sa mo-