‹ Ruelles, salons, et cabarets (volume 2)Chapitre 129 sur 138 · LE CABARET DE MAITRE LE FAUCHEUR · texte numérisé non relu

LE CABARET DE MAITRE LE FAUCHEUR

Mézerai, dont le nom clôt la liste que nous avons donnée des pensionnaires de Louis XIV, était tiraillé par deux mobiles qui se disputaient incessamment la direction de son esprit. Il était d'un tempérament tout à la fois frondeur et avaricieux. Furetière prétend qu'il ne « se iaissoit point toucher aux pensions des grands pour désobliger la Vérité, belle dame dont il étoit trèsamoureux (i) ». Nous sommes, à notre profond regret, forcé de contredire l'allégation de l'abbé de Chalivoy. Si Mézerai avait mordu Mazarin, Mazarin l'avait apprivoisé en lui jetant comme os à ronger un brevet de quatre mille livres. Colbert le bâillonna par le même procédé. Et cette haute libéralité, tout exceptionnelle, lui fut continuée jusqu'au jour où, las de lécher les mains du ministre, Mézerai montra de nouveau les dents.

Mais cette velléité d'indépendance fut bientôt suivie d'un acte de contrition. « Ce que m'a dit M, Perrault de votre part, écrivitil à Colbert, a été un terrible coup de foudre qui m'a rendu tout à tait immobile et qui m'a ôté tout sentiment, hormis celui de vous avoir déplu. Ma seule espérance est, monseigneur, que. Dieu vous ayant rentiu la santé, vous ne me défendrez pas

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