‹ Ruelles, salons, et cabarets (volume 2)Chapitre 131 sur 138 · I. Caractères, édition Walckenacr, 1845, p · texte numérisé non relu

I. Caractères, édition Walckenacr, 1845, p

Le repas terminé, Le Faucheur dit à Mézerai, resté seul avec lui :

— Voilà deux savants, compère !...

— Qui donc ?

— Parbleu ! Santeuil et Arlequin.

— Ah ! ah ! ah !

— Moque-toi tant que tu voudras, mais les savants que j'aime sont ceux qui savent divertir les gens.

Peu de jours après, Mézerai mourait d'un accès de goutte, ou, comme il le disait lui-même, d'un excès « de fillette et de feuillette ». Il avait institué le cabavetier son légataire universel. On trouva dans un de ses tiroirs un sac de mille livres avec cette suscription narquoise : « C'est ici le dernier argent que j'ai reçu du roi. Aussi, depuis ce temps, n'ai-je jamais dit de bien de lui (1). »

L'historien avait reconquis son franc parler. On raconte qu'il répondit crûment à Louis XIV, qui lui demandait pourquoi il avait fait de Louis XI un tyran :

— Parce que c'était un tyran.

Ceci nous rappelle le mot de Bernier, revenant des Indes :

— Eh bien, monsieur, lui dit le roi, de tous les pays que vous avez vus, quel est celui que vous préférez ?

— La Suisse, repartit le médecin-philosophe.

De telles répliques sonnaient mal à l'oreille d'un roi habitué à ne voir que des valets autour de lui.

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