‹ Ruelles, salons, et cabarets (volume 2)Chapitre 21 sur 138 · I. Mémoires-anecdotes, p · texte numérisé non relu

I. Mémoires-anecdotes, p

naires, l'avoit comme oublié dans les plus communes. Quand les familiers amis, qui auroient souhaité de le voir parfait en tout, lui faisoient remarquer ses légers défauts, il sourioit et disoit : Je n'en suis pas moins pour cela Pierre Corneille ( i). »

Voici le portrait qu'en trace son neveu :

« Il étoit assez grand et assez plein, l'air fort simple et fort commun, toujours négligé et peu curieux de son extérieur. Il avoit le visage assez agréable, un grand nez, la bouche belle, les yeux pleins de feu, la physionomie vive, des traits fort marqués et propres à être transmis à la postérité dans une médaille ou dans un buste. Sa prononciation n'étoit pas tout à fait nette. Il lisoit ses vers avec force, mais sans grâce (2}. »

Un jour qu'il reprochait à Bois-Robert d"avoir traité ses vers cavalièrement:

— Comment pourrais-je, répondit l'abbé, avoir mal parlé de vos vers sur le théâtre, les ayant trouvés admirables dans le temps que vous les barbouilliez en ma présence(3)?

Nous nous étendrons plus longuement sur Corneille dans le chapitre que nous consacrerons aux collaborateurs de Richelieu. 11 arrive souvent que des illustrations littéraires ont fréquenté plusieurs cercles. Nous avons pris pour règle de ne leur donner tout le relief dont elles sont dignes, que dans le milieu oij leur individualité a tenu le plus de place. C'est ce qui nous fait renvoyer le vieux Malherbe, pour ne citer qu'un nom, à la réunion de la vicomtesse d"Auchy.

Passons au bonhomme Chapelain.

Quand Chapelain parut à l'hôtel de Rambouillet, il portait un habit qui avait dix ans de date et qui était de satin colombin, doublé de panne verte et orné de petits passements colombin et veit, à œil de perdrix. Précédemment on l'avait vu attifé d'un justaucorps de taffetas noir moucheté, fait d'un vieux cotillon de

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