‹ Ruelles, salons, et cabarets (volume 2)Chapitre 4 sur 138 · PREFACE V · texte numérisé non relu

PREFACE V

titès de bonnes et fines histoires, puisées aux bonnes sources et qui trahissent un familier de ces lieux-là. Vousenêtes, Monsieur, vous y ave:( vécu, vous save:^ tous les bons endroits et vous nous en redites les propos en homme qui ne craint pas le gros sel et qui aime les petits pois au lard. Que de finesse et que d'esprit dans ce gai et franc parler de nos pères ! Je suis de votre sentiment quand je vous lis, sur bien des points et en particulier sur la physionomie des personnages. Sur d'autres points, et pour les conclusions littéraires, je me trouve plus classique, j'en conviens, et plus d'accord avec Malherbe et avec 'Boileau. Mais, dans l'intervalle, on aime à s'oublier avec vous, avec tant de bons compagnons, et à jouir de ces dernières années de liberié ou de licence littéraire, entre deux tyrans.

Agrèe:(, Monsieur, l'expression de mes sentiments très distingués et très obligés.

Sainte-Beuve.

Depuis 1859, la maturité venue, j'ai quelque peu changé d'esthétique, mais je n'ai rien changé aux passages qui ont éveillé les susceptibilités classiques de Sainte-Beuve : on tient à ses péchés de jeunesse. J'ajoute, sans rougir, que, si j'ai perdu de mon irrévérence envers Malherbe et Boileau, j'ai gardé le goût des « petits pois au lard ». Il n'y aura donc aucune discordance entre la première partie de cet ouvrage et la seconde, où j'ai essayé de reconstituer les milieux littéraires du xviii" siècle.

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