‹ Ruelles, salons, et cabarets (volume 2)Chapitre 7 sur 138 · I. Menagiana, édition de 1762, t. I, p · texte numérisé non relu

I. Menagiana, édition de 1762, t. I, p

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dînée à l'hôtel de Bourgogne. Quelques jours après, M. de Coupeauville rencontra M. 1 abbé de Bois-Robert qui s'en revenoit de la comédie à pied; il lui demandoit où étoit son carrosse : On me l'a enlevé, dit-il, pendant que j'étois à la comédie. Quoi! lui dit M. de Coupeauville étonné, quoi! monsieur, à la porte de votre cathédrale! Ah! continua-t-i!, l'affront n'est pas supportable i}.»

Comme il était léger d'argent, et qu'il avait un certain rang à la cour, Bois-Robert mit en œuvre un expédient de bohème. Il alla quêter chez les grands seigneurs les éléments d'une bibliothèque qu'il vendit ensuite à un libraire. Il raconte, à ce propos, qu'ayant demandé les Pères à M. de Candale, celui ci répondit :

— Parbleu! je vous donne le mien de bon cœur.

Le Métel n'eut garde de se scandaliser, 11 mettait alors la main à la Bible traduite en vaudevilles, qu'on appelait «guéridons».

Ce fut dans un accès de gaieté que Richelieu lui donna l'abbaye de Châtillon-sur-Seine, le prieuré de la Ferté-sur-Aubeet quelques autres bénéfices, le tout enjolivé des titres d'aumônier du roi et de ccnseillerd'Etat. 11 lui accorda, enoutie, une savonnette à vilain, pour se désencanailler, avec toute sa famille. Hélas! il avait une légion de parents et de parentsjnsatiables de places et d'argent. Il en gémit dans une épître, où il exhale ce soupir :

Melchisedech étoit un heureux homme.

Car il n'avoit ni frères ni neveux.

Lorsque le « fou ;>> du cardinal entra dans les ordres, l'abbe de la Victoire lança cette boutade : <.< Que la prêtrise en la personne de Bois-Robert étoit comme la farine àu\ bouffons : cela servoit à le faire trouver plus plaisant. » Madame Cornuel disait que « sa chasuble était faite d'une robe de Ninon ». On sait que notre abbé appelait Mademoiselle de Lenclos «sa divine ».

Bois-Robert avait quelquefois des tendances d'esprit pastorales. Il se rendait alors chez Jean-Louis Guez de Balzac, qui avait élu domicile « entre la Charente et la Touvrc. » Et c'ciaient des

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