‹ Ruelles, salons, et cabarets (volume 2)Chapitre 71 sur 138 · I. Délices de l'esprit, p · texte numérisé non relu

I. Délices de l'esprit, p

conteur d'Oiiville. « 11 étoit d'une complexion extraoïdinauement portée à l'amour, et cette passion fit presque tous les troubles et tous les maux de sa vie. En ces dernières années, il épousa par inclination une femme qui n'avoit que peu de bien. Il tint longtemps ce mariage caché, et comme il n'étoit pas riche autant qu'il le falloit pour vivre commodément à Paris avec sa famille, il se retira à une maison des champs (i). » Pélisson prétend que l'Estoile, avant de livrer ses vers au public, les lisait à son cordon-bleu. Ce procédé devrait être employé par tous les membres de l'Ecole du bon sens. La même fable a été éditée pour le compte de Malherbe et de Molière. Méchante bourde, bonne tout au plus à amuser les badauds! On épouse ses servantes, comme le fit CoUetet, on ne les consulte pas. La Fontaine a spirituellement raillé la Claudine du naïf Guillaume, dont ce dernier avait fait une manière de dixième muse, en lui prêtant ses rimes. Le mari mort, la veuve était devenue stérile, poétiquement parlant. Son silence attira sur elle une grêle de quolibets. L'épigramme de la Fontaine commence ainsi :

Les oracles ont cessé, Colletet est trépassé.

Dès qu'il eut la bouche close, Sa femme ne fit plus rien ; Elle enterra vers et prose Avec le pauvre chrétien.

Une rancune se cachait sous cette malice : Jean de la Fontaine s'était enflammé aux jolis yeux de Claudine, qui l'avait éconduit bel et bien, lui et ses madrigaux.

Si le fabuliste ne gagnait pas toujours au jeu d'amour, l'auteur de l^cnceslas, qui avait la passion de Gallet, éprouvait aussi des revers au jeu de dés. « Il avoit, dit Niceron, une manière . singulière pour s'empêcher de perdre tout son argent à la fois, et afin de s'en conserver pour les besoins de la vie. Qiiand les

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