‹ Ruelles, salons, et cabarets (volume 2)Chapitre 83 sur 138 · Manuscrits de Courait, in-4", t. V. p · texte numérisé non relu

Manuscrits de Courait, in-4", t. V. p

La réplique suit de près :

« De Carisatis, lo octobre i636.

SAPHO A HERMINIUS

« ... Une autre fois, quand vous partirez de Carisatis, on ne vous plaindra plus tant, puisque vous vous en allez en si bonne compagnie. J'ai pourtant à vous dire que la Seine, malgré vos avis, n'a pas laissé de nous envoyer ce matin un grand brouillard, mais il s'en est allé si vite qu'il ne nous a guère incommodée. C'est pourquoi, ne lui en faites point de reproches. Au contraire, remerciez -la bien civilement de la bonté qu'elle a de passer tous les jours devant mes fenêtres. Elle, dis-je, qui seroit souhaitée en tant de beaux lieux, si on pensoit qu'elle y voulût aller... Aussi, je vous conjure, s'il arrive qu'elle entende encore parler de moi dans ses coches et dans ses corbillards, comme si j'étois un bel esprit,

De faire entendre en son murmure

Que bel esprit est une injure, Et que j'aimerois mieux être carpe ou merlan Que d'être bel esprit, seulement pour un an.

Tout de bon, c'est le plus fâcheux métier du monde, et si la Seine savoit combien c'est une chose importune, elle ne s'amuseroit pas tant à gazouiller, de peur de devenir elle-même bel esprit (i). »

Voilà Sapho prise en flagrant délit de révolte ouverte contre le maniérisme. Nous citerons plus loin un éclatant exemple de récidive.

Mademoiselle de Scudéry avait, selon l'expression du temps, installé son bureau d'esprit au Marais, au coin de la rue de Beauce et de la rue des Oiseaux. Les personnages les plus importants

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