I. Manuscrits de Courait, in-4", t. V, p
de sa réunion étaient son frère, le goiiverneiir de Notre-Dame de la Garde; Pélisson, surnommé « l'Apollon du samedi »; Godeau, appelé ici « le Mage de Tendre » ; Conrart-Théodomas... Les illustrations féminines étaient Mesdames de Sévigné, d'Arragonnais, d'Arpajon, Cornuel, Pilou... Les noms fameux se pressent en foule sous notre plume. Chapelain réclame son inscription ; ajoutons-le, pour clore dignement la liste.
Jean Chapelain ne manque aucun samedi. Il est si doux d"ètre choyé, adulé, adore! Et le bonhomme est l'idole de cette ruelle. On l'y grise d'encens. Pourtant, il montre parfois un front soucieux : le titre donné à Pélisson lui cause des insomnies. Et ce ne sont pas là les seuls déboires de Chapelain. 11 est souvent en butte aux quolibets de Furetière, qui ne s'est pas encore fait fermer la porte de Mademoiselle de Scudéry, par sa Nouvelle allégorique, OLi il traite Sapho de « Pucelle du Marais ». Aujourd'hui Furetière colporte le mot prononcé la veille par la reine Christine. Elle a dit. faisant allusion tout à la fois au poème et à la pudeur viriiinalc du vieux Chapelain : « 11 voudrait que tout fût pucelle. » Le mot fait fortune.
Mesdames Cornuel ( i ) et Pilou contrastent par leurs gais propos avec l'emphase raffinée des précieuses. Ce sont les deux langues les mieux pemlues et les plus fourchues de l'époque. La veuve du procureur Jean Pilou, plus laide et plus malicieuse que le diable, ferraille contre le préjugé gothique qui fait peser sur noub les crimes des nôtres :
— Une fois, dit-elle en manière de conclusion, une fois qu'on attrape le cousin germain, c'est bien de se déprendre. J'avais je ne sais quel parent qui fut un peu pendu à Melun ; sa sœur disait qu'il avait été mal jugé. A-t-il été confessé? lui dis-Je. A-t-il été enterré en terre sainte?
— Oui.
— Je le tiens pour bien pendu, ma mie.
— Vive Dieu! douairière, je vous reconnais là, s'écrie cava-