‹ Ruelles, salons, et cabaretsChapitre 13 sur 148 · LE CAFE PROCOPE · texte numérisé non relu

LE CAFE PROCOPE

Le premier café connu à Paris, celui qui devint le plus important des centres littéraires de ce genre au xviii^ siècle, fut ouvert •à la foire Saint-Germain, par un noble Sicilien, François Procope, qui cherchait fortune et qui, quelques années plus tard, en 16S9, alla s'établir rue des Fossés-Saint-Germain des-Prés (1), en face de la Comédie-Française, fraîchement installée sur l'emplacement du jeu de paume de l'Etoile. Il échangeait les bénéfices d'une vente qui ne durait que le temps de la foire, du 3 février au dimanche des Rameaux, contre ceux d'une vogue continue et à laquelle devait s'ajouter une renommée européenne.

La proximité du théâtre procura, dès les premiers jours, au café Procope, un public nombreux, composé en grande partie de lettrés. C'était un terrain neutre, où l'on remarquait des représentants de toutes les réunions. On y voyait, côte à côte, Boindin, l'abbé Terrasson, Duclos, Fréret, Marmontel, lechevalier de la Morlière, l'ex-capitaine La Paye, Roy, PouUain de Saint-Foix, le grammairien Dumarsais, Blin de Sainmore, Saint-Ange, Fréron, Moncrif, Beauvin, Danchet, l'abbé Pellegrin, Procope-Couteaux On y

Page 1