‹ Ruelles, salons, et cabaretsChapitre 2 sur 148 · I. (Mémoires (édition Hachette;, t. V, p · texte numérisé non relu

I. (Mémoires (édition Hachette;, t. V, p

curs ; menteur, escroc, fripon, voleur , malhonnête homme

jusque dans la moelle des os...., suprêmement avantageux et singulièrement bas et flatteur aux gens dont il avait besoin, et prêt à tout faire età toutsouffrir pour un écu,avec celale plusdé'^ordonné et le plus grand dissipateur du monde. Il avait beaucoup d'esprit et une figure parfaite en sa jeunesse, avec un visage autrefois singulièrement beau. En tout, la plus vile, la plus misérable et en même temps laplusdangereuse créature qu"il fût possible (i}. » Le portrait est brutal ; mais il est parlant.

Vendôme était entouré de gais compagnons, au premier rang desquels se trouvaient Chaulieu et La Fare.

Le marquis de La Fare, après avoir quitté M™* de la Sablière pour La Champmêlésous le couvert de la bassette, et La Champmêlé pour M"« de Sévigné, avait fui les sarcasmes de Pépistolièredans les bras d'une insignifiante Chloris. Il s'était dit, pour se donner le change : « Au moins, celle-ci n'a pas d'esprit. » La Fare avait, du reste, de l'esprit pour deux. C'était tout à la fois un agréable causeur et un agréable poète, sans ombre de malice. Voici le seul trait qu'il ait décoché. 11 s'agissait de M. de Louvois qui s'était vengé d'un amour traversé, en brisant la carrière militaire du coupable. « Je ne forme qu'un vœu, s'écria un jour La Fare, c'est que M. de Louvois soit obligé de digérer à ma place.» Le pauvre marquis était affligé d'un appétit des plus exigeants et avait souvent de lourds fardeaux à porter. M. de la Cochonnière, — comme ses amis l'ont surnommé, — avait contracté à cet exercice un énorme embonpoint. « 11 dormait partout... Ce qui surprenait, c'est qu'il se réveillait net et continuait le propos comme s'il n'eût pas dormi (2). » Il était presque toujours flanqué de son frère l'abbé, qui lui servait d'échanson. Cet abbé était un prêtre de sac et de corde, « un misérable déshonoré par ses débauches et par son escroquerie, que personne ne voulait ni voir ni regarder (3). » Le duc d'Orléans Tavait chassé du

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