Ibid., t. XX, p
Palais-Royal « pour avoir volé cinquante pistoles qu'il envoyait par lui à M™^ de Polignac (i^ ». Le drôle subit une avanie semblable aux Tuileries, d'oij il fut expulsé « à coups de pied, depuis le milieu de la grande allée jusque hors la porte du Pont-Royal, par les mousquetaires ou d'autres gens qui s'attroupèrent (2) ». La Fare Lavait recueilli chez lui et le garda tant qu'il voulut y rester, A la fin, las de son modeste rôle de Ganymède, l'abbé simula le converti et attrapa l'évêché de Laon, « où il est mort abhorré et banqueroutier, après avoir, de gré ou de force, escroqué tout son diocèse (3). »
Chaulieu était l'Anacréon du Temple. Comme le poète de Téos, il passait son temps à s'enivrer d'amour et de « purée septembrale ». C'était «un débauché de fort bonne compagnie, qui faisait joliment de petits vers, beaucoup de grand monde et qui ne se piquait pas de religion (4). » Saint-Simon nous montre cet abbé de bonne compagnie pillant, de concert avec le grand prieur, le duc de Vendôme lui-même, son bienfaiteur, celui qui en bénéfices lui avait constitué mille écus de rente. Le méfait connu, les deux larrons avaient été mis à la porte du délicieux château d'Anet. Mais l'expulsion ne fut pas le seul châtiment que reçut Chaulieu. Le duc lui infligea encore... six mille livres de rente, que l'abbé, d'ailleurs, accepta en toute résignation. tA'^^ de Staal est regardée comme la dernière conquête de notre Anacréon. La spirituelle baronne le raille finement de sa retenue forcée: « II me fit connaître, dit-elle, qu'il n'y a rien de plus heureux que d'être aimé de quelqu'un qui ne compte plus sur lui et ne prétend rien de vous. »A la même époque, M'»'' de Staal eut à éteindre aussi les derniers feux du vieil abbé Vertot, dont elle étale, comme un trophée, une précieuse épître où nous recueHlons la phrase suivante : « L'espérance de vous voir me fera passer par-dessus certaine pudeur de philosophie. »