‹ Ruelles, salons, et cabaretsChapitre 21 sur 148 · I. Mémoires historiques sur SuarJ, t. I*"", p. 1C · texte numérisé non relu

I. Mémoires historiques sur SuarJ, t. I*"", p. 1C

des femmes. Lorsque je lis que Périclès sacrifiait tous les matins aux Grâces, ce que j'entends par là, c'est que tous les jours Périclès déjeunait avec Aspasie (i). »

Astruc était un médecin distingué de l'école de Montpellier. De 1707 à 1709, il avait occupé la chaire de Chirac, détaché pour suivre l'armée. Ce dernier, en 1715, le prit pour juge dans une discussion scientifique qui s'était élevée entre lui et Vieussens, et il ne lui sut pas mauvais gré d'avoir donné tort à tous deux. Astruc vint à Paris en 1725. Quatre ans après, il partait pour la Pologne, dont le roi l'avait nommé son premier médecin. Mais il était de retour en 1730, avec les titres de médecin consultant de Louis XV, de régent et de professeur au collège royal. Astruc, non content de s'occuper de choses de son métier, s'adonnait à la philosophie; il a écrit un Traité sur l'immortalité, l'immatérialité et la liberté de l'âme. 11 a laissé mieux qu'un renom de médecin et de philosophe de mérite : l'exemple d'un parfait homme de bien, toujours prêt à assister les malheureux de ses soins et de ses deniers.

Le comte de Tressan était un parfait gentilhomme, d'agréable figure et de manières aimables. 11 était né avec une intelligence des plus ouvertes, le goût des vers et des romans (2). Mais sa famille lui imposa l'étude des sciences qui intéressent et font l'homme de guerre, et il s'y signala par de rapides progrès, 11 reçut, en 1723, le brevet de mestre-de-camp; fut nommé, en 1750, gouverneur du Toulois et de la Lorraine française, et appelé, peu de temps après, à la cour de Lunéville, en qualité de grand-maréchal. Il mourut à soixante-dix-huit ans, d'une chute de voiture, sur la route de Saint-Leu. C'était un esprit indécis, un philosophe honteux; il avait du trait, mais il craignait de piquer. Boufflers l'a comparé à une guêpe qui se noie dans du miel,

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