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2. Il découvrit à Rome, au Vatican, une collection complète de nos romans de chevalerie en langue romane, et en fit des extraits qui furent insérés dans la bibliothèque des romans.
D'Argental n'avait d'autre profession que d'être i'ami de Voltaire, ce qui lui valut l'honneur de passer pour le père d'un des romans de M™« de Tencin, sa tante, le Comte de Commwges. Marmontel en fait, on ne sait pourquoi, une sorte de gobemouches. N'est-ce pas à cause de la joie dont il était transporté à chaque nouveau succès de Voltaire ? 11 est avéré que d'Argental était un esprit poli et de bon jugement.
La Popelinière dépensait son immense fortune au profit des beaux-arts et des lettres. Il prit lui-même la plume, pour mériter le surnom de Pollion que ses courtisans lui avaient donné, et composa deux ouvrages tirés à un très petit nombre d'exemplaires, et qu'on ne peut qualifier que de polissonneries : Daïra, histoire orientale, et les CMœurs du siècle. C'est M°"= de Tencin qui maria ce financier avec M"" Dancourt, qu'a illustrée son aventure avec le maréchal de Richelieu.
Marmontel a esquissé ainsi quelques-unes des physionomies delà réunion de M™« de Tencin : « Dans Marivaux, dit-il, l'impatience de faire preuve de finesse et de sagacité perçait visiblement. Montesquieu, avec plus de calme, attendait que la balle vînt à lui, mais il l'attendait. Mairan guettait l'occasion. Astruc ne daignait pas l'attendre. Fontenelle seul la laissait venir, sans la chercher, et il usait si sobrement de l'attention qu'on donnait à l'entendre, que ses mots fins, ses jolis contes, n'occupaient jamais qu'un moment. Helvétius, attentif et discret, recueillait pour semer un jour (1). »
Si M™'= de Tencin ne se mêlait plus d'intrigues, elle se plaisait à donner des leçons de diplomatie courante. Elle conseillait à ses disciples de se ménager plutôt des amies que des amis, « car, ajoutait-elle, on fait tout ce qu'on veut des hommes ; et puis ils sont les uns trop dissipés, les autres trop préoccupés de leurs intérêts personnels pour ne pas négliger les vôtres; au lieu que les femmes y pensent, ne fût-ce que par oisiveté. Parlez ce soir à votre amie de quelque affaire qui vous touche, demain, à son