‹ Ruelles, salons, et cabaretsChapitre 29 sur 148 · Cette rente était de 1.275 l'vres sur le duc d'Orléans · texte numérisé non relu

Cette rente était de 1.275 l'vres sur le duc d'Orléans

2. Us eurent tous deux une rente viagère de 1.200 livres. Thomas reçut de plus une somme de 6.000 livres.

3. M™« Geoffrin vendit à l'impératrice de Russie trois de ses plus beaux tableau.x de Carie Vanloo, pour en partager le prix avec M"^ de Lespinasse, lorsque celle-ci se sépara de M™» Du Deffant.

IIO RUELLES

■de manches! clarifier son style! » Elle n'en revint pas de toute la soirée (i). »

Au premier de l'an, sans doute en commémoration de la culotte de velours de M™" de Tencin, les invités du mercredi recevaient une calotte de même étoffe ; c'était le cadeau de celle que le roi de Pologne appelait « maman », et qu'ils appelaient, eux, ■« notre mère ». Elle envoyait à son voisin, Piron, sous couleur détrennes, une provision de sucre et de café, qui durait jusqu'à la Saint-Sylvestre.

D'Alembert, Thomas et Morellet ont fait chacun, sans se concerter, un éloge de M™® Geoffrin. Si leur reconnaissance les rend suspects, on peut s'en référer au témoignage de M™" Necker qui a tous les caractères de l'impartialité : « M™^ Geoffrin, écrit-elle, a su trouver la quadrature du cercle en morale, la réunion des qualités opposées : elle est économe et généreuse, bonne sans être faible; et pour conserver un équilibre parfait, elle n'aime rien passionnément, pas même la vertu (2). » Elle avait fait graver sur des jetons ces deux maximes : « Ne laissez pas croître l'herbe sur le chemin de l'amitié. — L'économie est la mère de la libéralité. » Elle écrivait à d'Alembert : « Je sens avec plaisir qu'en vieillissant j'en deviens plus bonne, car je n'ose pas dire meilleure, parce que ma bonté tient peut-être à la faiblesse, comme la méchanceté de bien d'autres. J'ai fait mon profit de ce que me disait souvent le bon abbé de Saint-Pierre : que la charité d'un homme de bien ne devait pas se borner à soulager ceux qui souffrent, qu'elle devait s'étendre aussi jusqu'à l'indulgence dont leurs fautes ont si souvent besoin; et j'ai pris, comme lui, pour devise, ces deux mots : Donner et pardonner. » Elle était, en effet, d'une tolérance extrême et se pliait quelquefois au rôle de confidente. Lorsqu'on la mettait sur le chapitre de la galanterie, elle s'en tirait « avec le ton simple de la Bible (3) ». Elle

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