Cette lecture eut lieu le
des exemples et conclut ainsi : « Voilà bien du pédantisme, madame, mais vous me l'avez demandé et vous ferez de moi tout ce que vous voudrez, excepté de me faire venir à Paris. » Il devait manquer de parole trois ans plus tard. Le 17 mai de la même année, il donna une consultation sur sa santé à M"»"^ Du Deffand et lui conseilla la casse « que l'on sert sur la table du roi de Maroc, comme chez nous la gelée de pomme ou de groseille. » — « Soyez sûre,ajouta-t-il, que les tempéraments chez qui la digestion est un peu lente et l'esprit prompt, et à qui la casse fait un bon effet, durent d'ordinaire plus longtemps que les corps frais et dodus : cela est si vrai que je vis encore, après avoir souffert quatre-vingt-un ans presque sans relâche. » M™<^ Du Deffand faisait un usage habituel de la teinture de stoughton, réunissant le double mérite d'être apéritive et digestive.
Voltaire revint à Paris le 10 février 1778, et répondit à la marquise qui lui avait envoyé ses compliments par son secrétaire Wiart : « J'arrive mort et je ne veux ressusciter que pour me jeter aux genoux de M™° la marquise Du Deffand. » Elle voulait aller le visiter elle-même, mais elle craignait de rencontrer « tous les histrions beaux esprits ». La duchesse de Choiseul affichait le même genre d'éloignement. « j'aime les lettres, avait-elle écrit le 7 août 1768 (i),j"honore ceux qui les professent, mais je ne veux de société avec eux que dans leurs livres et je ne les trouve bons à voir que dans leur portrait. » M™'= Du Deffand renvoya Wiart, le 12 février, chez Voltaire, et raconte qu'il y vit plus de trois cents personnes, « tout le Parnasse depuis le bourbier jusqu'au sommet ». Elle finit par s'y rendre en personne, le 14, et fut invitée à une répétition d'Irène qui devait avoir lieu dans l'appartement de Voltaire. 11 lui a témoigné, ditelle, une grande amitié et la joie « a été réciproque ». Elle lui fit une seconde visite le 21. 11 était à bout de forces, mais toujours occupé de la répétition de sa comédie. Il lui proposa de nouveau d'y assister, et lui conta qu'un prêtre, l'abbé Gauthier, avait de-