‹ Ruelles, salons, et cabaretsChapitre 55 sur 148 · Lettre du 30 octobre · texte numérisé non relu

Lettre du 30 octobre

2. Lettres inédites de {Mademoiselle de Lespinasse (édition Charles Henry), p. 226 et suivantes,

3. Qui eut lieu le i^i" juin 1775, — On sait que ce fut la comtesse de Guibert, devenue veuve à trente-deux ans, qui, aidée de Barrère, publia, en 1809, la correspondance de M"« de Lespinasse avec son mari.

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dernière heure, avec la même passion, mêlée de plus d'amertume : le souvenir du marquis de Mora revenait toujours plus cuisant. La pauvre endolorie, dont les souffrances physiques s'aggravaient encore du redoublement de ses tortures morales, cherchait quelquefois à s'échapper de cet enfer par des diversions multipliées. Nous en trouvons la preuve dans ce billet adressé à Condorcet, en 1775, et simplement daté ce mercredi : « Voici ma journée ; je dîne chez M™° Geofïrin ; à cinq heures, je vais chez M™" de Marchais ; à six je rentre chez moi, et je vais à neuf et un quart, passer la soirée chez M. Bertin. » M. Bertin avait été deux fois contrôleur général des finances. Il fut le fondateur des écoles vétérinaires et on lui doit l'établissement des premières sociétés d'agriculture à Paris et dans les provinces. Condorcet, dans ses lettres à Turgot, parle d'un échange qu'il compte faire avec lui de graines de garance contre de la graine de rave, et d'une « épidémie de bestiaux contre laquelle les vétérinaires de M. Bertin ne peuvent rien ». Le monde des financiers était encore représenté chez M"" de Lespinasse par Watelet, de Vaines et un M. de Clausonnette. De ce dernier, nous ne savons rien, sinon que sa place lui était « odieuse » et que c'était « un homme d'un excellent esprit et d'une société bien agréable (1). » Watelet n'était pas seulement un peintre et un littérateur : il remplissait, dans ses moments de loisir, les fonctions de receveur général des finances pour la généralité d'Orléans. Quant à de Vaines, Turgot, qui l'avait connu directeur des domaines, à Limoges , l'avait nommé premier commis des finances, non moins pour la culture de son esprit que pour son aptitude aux affaires. Le choix était excellent, mais la mise à pied de Le Clerc, qui par sa richesse et son faste, s'était créé de nombreux partisans, provoqua de violentes récriminations qui éclatèrent sous la forme d'un infâme libelle, intitulé : Lettre d'un profane à M. l'abbé Bandeau, très-vétiérable de la scientifique et sublime loge de la franche économie. L'intention était de dis-

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