‹ Ruelles, salons, et cabaretsChapitre 6 sur 148 · I. Fontenelle. Œuvres (1818), t. I, p · texte numérisé non relu

I. Fontenelle. Œuvres (1818), t. I, p

Ces licences poétiques revêtaient au Temple une forme plus gaillarde, du genre de cette épître adressée d'Italie à la duchesse de Bouillon par son frère le duc de Nevers, qui s'oubliait jusqu'à la traiter en bacchante du Mont Mimas :

Le bel abbé, l'aimable et le prince blondin,

Ce grand bailli d'Anet, chasseur infatigable,

Courtisan par plaisir, philosophe par goût,

Si tous les quatre encor nous nous trouvons à table,

Vous avec votre air enfantin,

Délicieuse Mimallone, C'est alors qu'il faudra qu'à tout on s'abandonne.

Que votre âme, en pointe de vin, Tout entière entre nous, s'ouvre et se déboutonne Pour nous montrer ce qu'elle a de divin.

M™^ de Bouillon avait aussi de rudes assauts à soutenir, mais en simple prose, contre ses deux neveux les princes de Vendôme qui finissaient par aller cuver leur amour sous la table. Et Chaulieu, seul debout, de fredonner le dernier couplet d'une de ses plus jolies chansons :

Verse du vin, jette des roses.

Ne songeons qu'à nous réjouir, Et laissons là le soin des choses Que nous cache un long avenir.

Page 1