Mémoires, t. I*"", p
'.< Nous avons eu vraiment une pièce nouvelle, et Francueil a présenté le pauvre diable d'auteur, qui vous est pauvre comme Job, mais qui a de l'esprit et de la vanité comme quatre. Sa pauvreté Ta forcé de se mettre quelque temps aux gages de la belle-mère de Francueil, en qualité de secrétaire. On dit toute son histoire aussi bizarre que sa personne, et ce n'est pas peu. J"espère que nous la saurons un jour. Nous prétendions hier, la petite Maupeou et moi, qu'à nous deu:< nous ladevinerions. « Mal- « gré sa figure, disait-elle (car il est certain qu'il est laid, quoique « Emilie le voie joli), ses yeux disent que l'amour joue un « grand rôle dans son roman. — Non, lui dis-je, son nez me « dit que cest la vanité. — Eh bien! l'un et l'autre. » Nous en étions là, lorsque Francueil vint nous apprendre que c'était un homme de grand mérite (i). »
C'était lui qui avait présenté Rousseau. « L'auteur a joué un rôle dans sa pièce, » dit M'"*^ d'Epinay. Rousseau consigne aussi le fait en ces termes: « On me chargea d'un rôle que j'étudiai six mois sans relâche et qu'il fallut me souffler d'un bout à l'autre à la représentation. Après cette épreuve on ne me donna plus de rôle (2). » Les st'x mois sont évidemment une hyperbole.