I. Dernières années de Madame d'Epinay, p
par habiter avec sa mère. Après le souper il prit congé d'elle emmenant son fils et suivi de M. de Jully et de Grimm. Le lendemain, elle reçut la visite de ses parents et de ses amis et, au bout de quelques jours réclama de M. d'Epinay Tétat de situation qu'elle l'avait invité à dresser. 11 lui présenta un bilan établi sur des chiffres qui n'avaient d'exact que leurs totaux et des projets de réforme, dont un entre autres affectait l'éducation des enfants. Elle ne retint de tout ce fatras que le total général du passif et imposa de haute lutte la décision suivante : son mari prélèverait sur son revenu deux mille livres par mois pour sa dépense personnelle et le reste serait employé à l'extinction des ^dettes et aux dépenses de la maison (1).
Cet arrangement conclu, M'°'= d'Epinay, reposée et dégagée de tout souci, reprit goût au monde et, pour première sortie, accepta une invitation à dîner chez d'Holbach où se trouvait Diderot, qui lui montra le plus vif empressement. 11 avait à racheter ses préventions contre elle, suscitées par Rousseau, dont l'éclatante ingratitude lui avait ouvert les yeux. La plus grande cordialité s'établit tout de suite entre eux. M"»'' d'Epinay lui fit promettre de venir avec Grimm à La Chevrette où, bientôt, elle devait se réinstaller.
Les beaux jours l'y ramenèrent en effet, et il tint parole. Il passait deux jours au Granval chez les d'Holbach et deux autres à la Chevrette dont la société s'était en grande partie renouvelée. L'expulsion de Duclos et de Rousseau, la mort de M"°' de de Maupeu et de Jully, celle de Gauffecourt emporté récemment par une attaque de goutte, la disparition du chevalier de Valori et de M"'= d'Ette, brouillés et désespérés, avaient laissé des vides qui furent bientôt comblés. Outre les anciens habitués de la maison, Saurin et Desmahis, Diderot eut l'occasion d'y rencontrer souvent le chevalier de Chastellux, le comte de Schomberg, le marquis de Croixmare, l'abbé Galiani, Saint-Lambert, M. de Margency et M™^ de Verdelin, enfin un neveu de M™'^ d'Arty,