I. Dernières années de Madame d'Epinay, p
Vallet de Villeneuve, qui devait épouser en 1768 une fille de Francueil. C'était Desmahis qui avait introduit M. de Margency que, du reste, Grimm connaissait aussi. Le gentil Margency. disait M™'' d'Epinay, « n'est que l'ébauche ou l'extrait de ce qui est agréable: c'est un groupe de très bonnes choses. Je considéiais, ajoutait-elle, la majesté du bois d'Epinay, il aurait volontiers compté les feuilles {\). » Il avait le délaiit de madrigaliser à tout propos et le remords d'avoir pris sa ft-mme au marquis de Verdelin, un maréchal de camp sourd et borgne, non parce qu'il avait tnhi la confiance du mari mais parce qu il n'aimait plus et était embarrassé de sa conquête. Conquête singulièrement obtenue: M""' de Verdelin avait longtemps résisté, puis tout à coup avec le plus grand sang-froid, après avoir vainement opposé à l'assaillant la jalousie et la brutalité de l'affreux maréchal de camp, lie le prit par la main et le conduisant dans son cabinet: « Eh bien! monsieur, lui dit elle, soyez heureux (2). » Elle professait une grande admiration pour Rousseau, et liée avec M"^ d'Hoadetot, sa voisine de campagne, car elle habitait près Montmorency, elle avait facilité leurs entrevues en leur prêtant la clef de son pire pour diminuer la distance d'Eaubonne à l'Ermitage. La comtesse venait au rendezvous, costumée en homme et montée sur un mulet, qu'elle donnait à garder à M™<= de Blainville, qui raccompagnait. Etrange commission pour la sœur de M. d'Houdetot Mais le vrai mari, n'était-ce pas Saint-Lambert? A ce titre il courut quelque risque dans une de ces rencontres, où Rousseau était près de vaincre, lorsque les coups de fouet d'un charn tier qui passait arrachèrent à M™« d'Ho.idetot un éclat de lire qui fit rentrer l'ours en lui-même. La saillie était le fond du caractère de cette femme unique, si charmante malgré ses marques de petite vérole et ses yeux ronds et louches, si gracieuse dans sa gaucherie, — à l'occasion poète à prêter des rimes à Saint-Lambert, des rimes sans doute d'une autre sorte que celles des Saisons.