‹ Ruelles, salons, et cabaretsChapitre 97 sur 148 · Œuvres complètes de Diderot, t. XVIII, p. 453 et suiv · texte numérisé non relu

Œuvres complètes de Diderot, t. XVIII, p. 453 et suiv

2. Il écrivait le 4 juin 1769 à d'Alembert qui lui annonçait la visite de Schomberg en faisant son éloge : «je sais que c'est un homme de tous les pays, qui aime la vérité et la dit hardiment. »

renom. Au demeurant le plus débonnaire des hommes : « Lorsque mon ami rit, disait-il, c'est à lui à m'apprendre le sujet de sa joie; lorsqu'il pleure, c'est à moi à découvrir la cause de son chagrin. » L'absence de Saurin était encore un acte de contrition. 11 ne s'était pas couvert d'un cilicepour avoir perpétré des pièces de théâtre qui avaient subi presque la même infortune, entre autres une tragédie de Spartaeus. « dans laquelle, dit Voltaire, en manière de condoléance, il y a des traits comparables à ceux de la plus grande force de Corneille ». Ce qui le tenait à Técart ce jour-là c'était l'embarras qu'il éprouvait à reparaître devant M™" d'Epinay. Après avoir brûlé pour elle d'un feu latent, tout à coup, un soir qu'il survenait au moment où, prise de migraine, elle devisait langoureusement avec Grimm, il avait éclaté sans raison apparente, se montrant, selon les expressions d'un témoin, Diderot, « violent, emporté, bourru, impoli ». Puis il avait disparu se croisant avec Galiani qui se frottait d'avance les mains d'une amusante histoire qu'il avait à raconter. C-'était à propos des /aux Jugements que nous portons sur le préjugé que la chose étant communément comme nous V attendons^ elle ne sera point autrement. « Un voiturier, dit l'abbé, qui menait, avec ses chevaux et sa chaise, le public, fut appelé au couvent des Bernardins pour un religieux qui avait un voyage à faire. Il propose son prix, on y tope; il demande à voir la malle, elle était à l'ordinaire. Le lendemain de grand matin, il arrive avec ses chevaux et sa chaise; on lui livre la malle, il l'attache. 11 ouvre la portière; il attend que son moine vienne se placer. Il ne l'avait point vu ce moine; il vient enfui. Imaginez un colosse en longueur, largeur et profondeur. A peine toute la place de la chaise y suffisait-elle. A l'aspect de cette masse de chair monstrueuse, le voiturier s'écrie : « Une autre fois je me ferai montrer le moine (i). » Le sel était surtout dans le ton et la mimique du conteur. Et Diderot, faisant une application gauloise du mot de la fin, d'ajouter que la comédienne Lepri n'aurait pas été dans

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