‹ Ruelles, salons, et cabaretsChapitre 98 sur 148 · I. Œuvres complites de Diderot, t. XIX, p · texte numérisé non relu

I. Œuvres complites de Diderot, t. XIX, p

le cas de s'écrier : Jlh! scellerato, si elle s'était fait montrer le moine.

Pendant que M™° d'Epinay recevait somptueusement ses amis, son mari continuait de courir de son côté à une ruine complète. Le .scandale de ses folles prodigalités lui valut, en même temps qu'à un autre fermier général, la Popelinière, la perte de sa charge. II se mit alors à opérer sur les graines et y réalisa de gros bénéfices, mais sans songer à combler le gouffre de ses dettes. Bien plus, il en vint à cesser de remplir ses engagements envers sa femme qui fut obligée de recourir aux voies judiciaires. Le château delà Chevrette entraînait à de grandes dépenses auxquelles il fallait sans retard couper court. Avant son départ pour Genève, M™" d'Epinay l'avait loué au baron d'Holbach : le bail avait été signé, puis déchiré, on ne sait pourquoi. Le comte Dufort de Cheverny nous apprend qu'il fut loué, en 1763, au fermier général Boulogne de Préninville, et en 1764, à Savalette de Magnanville, garde du Trésor royal (1).

M™° d'Epinay s'était installée au château de la Briche, qu'adorait Diderot. La maison « est petite, écrit-il à M""^ Voland, le 5 septembre 1762, mais tout ce qui Penvironne, les eaux, les jardin, le parc, a l'air sauvage : c'est là qu'il faut habiter et non dans ce triste et magnifique château de la Chevrette. Les pièces d'eau immenses, escarpées par les bords couverts de joncs, d'herbes marécageuses; un vieux pont ruiné, couvert de mousse qui les traverse, des bosquets où la serpe des jardiniers n'a lien coupé, des arbres plantés sans symétrie, des fontaines qui sortent par les ouvertures qu'elles se sont pratiquées elles-mêmes; un espace qui n'est pas grand, mais où on ne se reconnaît point, voilà ce qui me plaît. J'ai vu le petit appartement que Grimm s'est choisi : la vue rase leS"basses-cours, passe sur le potager et va s'arrêter au loin sur un magnifique édifice. Nous arrivâmes là, Damilaville et moi, à l'heure où l'on se met à table. Nous dinâmes gaiement et délicatement. Après dîner nous nous pro-

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