‹ Ruines cléricales [microforme]Chapitre 9 sur 53 · BYRON · texte numérisé non relu

BYRON

L'influence indue, influence électorale, si l’on aime wieux, dont il est parlé aux chapitres qui précèdent, est une des caractéristiques les plus lamentables de notre politique canadienne, une des causes les plus brutalement apparentes de l'infériorité de notre race.

Le prêtre qui prend en mains à la fois la houlette et le bâton de commandement, l'Evangile et la liste électorale, le bulletin de confession et le bulletin de de vote, est le maître des destinées du peuple, auquel il ne reste plus d'autre ressource que de reconquérir sa liberté par ses pro, res cüorts.

Volney raconte qu'un jour, de reproche en reproche, a les docteurs des différents cultes commencèrent à révéler tous les délits de leur ministère, tous :es vices | C cachés de leur état ; il se trouva que chez tous les (0 peuples l'esprit des prétres, leur système de conduite, leurs actions, leurs mœurs étaient absolument les { mêmes : s

Que partout, ils avaient composé des associations secrètes, des corporations ennemies du reste de la ë société ; I

Que partout ils s'étaient attribué des prérogatives, ë des immunités au moyen desquelles ils vivaient à l l'abri de tous les fardeaux des autres classes : (

Que partout, ils n'essuyaient ni les fatigues du labou- | reur, ni les dangers du militaire, ni les revers du com- ( merçant : 1

Que partout, 1ls vivaient célibataires afin de s'épargner jusqu'aux embarras domestiques ;

Que partout, sous le manteau de a pauvreté, ils

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trouvaient le secret d'être riches et de se procurer toutes les Jouissances ;

Que, sous le nom de mendicité, ils percevaient des vmpôts plus forts que les primes ;

Que, sous celui de dons et offrandes, ils se procuraient des revenus certains et exempts de frais ;

Que, sous celui de recueillement et de dév otion, ils vivaient dans l'oisiveté et dans la licence :

Qu'ils avaient fait de l’aumône une vertu afin de vivre tranquillement du travail d'autrui :

Qu'ils avaient inventé des cérémonies du culte afin d'attirer sur eux le respect du peuple, en jouant le rôle des dieux dont ils se disaient les interprètes et les médiuteurs pour s’en attribuer toute la puissance ; que dans ce dessein, selon les lumières ou l'ignorance des peuples, ils s'étaient faits tour à tour «astrologues, tireurs d'horoscopes, devins, magiciens, nécromanciens, charlatans, médecins, courtisans, confesseurs de princes, toujours tendant au but de gouverner pour leur propre avantage ;

Que, tantôt ils avaient élevé le pouvoir des rois et consacré leurs personnes pour s'attirer leurs faveurs ou participer à leur puissance ;

Et que, tantôt ils avaient prêché le meurtre des tyrans (se réservant de spécifier la tyrannie) afin de se venger de leur mépris ou de leur désobéissance ;

Que toujours ils avaient appelé impiété ce qui nuisaït à leurs intérêts ; qu’ils résistaient à toute instruction publique ; qu’enfin, en tout temps et en tout lieu, ils avaient trouvé le secret de vivre en paix au milieu de l'anarchie qu'ils causaient, en sûreté sous le espotisme qu'ils favorisaient, en repos au milieu du travail, qu'ils prêchaient dans l'abondance au sein de la disette ; et cela en exerçant le commerce singulier de vendre des paroles et des gestes à des gens crédules qui les payent comme des denrées du plus grand prix.

Alors les peuples, saisis de fureur, voulurent mettre

en pièces les hommes qui les avaient abusés mais le

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