‹ Ruines cléricales [microforme]Chapitre 20 sur 53 · MON CHER ALPHONSE · texte numérisé non relu

MON CHER ALPHONSE

Il me revient de bien fâcheuses nouvelles sur vous. Il paraît que vous avez écrit à un de vos paroissiens de St-Roch et que vous lui avez fait de bien terribles révélations sur le compte des prêtres de mon diocèse. Vous avez fait des remarques sur le curé de cette

aroisse, vous lui avez conseillé de publier cela dans & paroisse. Vous lui avez même dit que vous aviez intention d'écrire à plusieurs autres paroissiens. C'est singulier qu’il n’y ait pas moyen de vous corriger. Il faut toujours que vous trouviez moyen de compromettre les prêtres. Chaque fois vous y perdez et cela ne

vous fait rien; vous gâtez tout en parlant contre eux. Personne ne vous croit, tout tourne contre vous et malgré cela à tout instant vous vous faites prendre, Quoique je reconnaisse votre honnêteté et sincérité dans la prêtrise, je dois dire aussi qu'avec toutes vos remarques imprudentes sur le compte des prêtres, vous seul m'avez donné plus de trouble que tout le reste du diocèse. Il me semble qu'il ne vous serait pas difficile de vous taire. Je vous défends d'écrire à aucun paroissien de St-Roch. Je vous avertis positivement : prenez garde comment vous allez vous conduire, car la pénitence pourrait être longue. Profitez de la chance que vous avez encore et tâchez de vous rendre sociable pour vos confrères.

Votre très humble, + Epouarp CHs, Ev. de Montréal.

Voilà tout ce qu'on peut tirer de l'autorité qui a charge de tenir en mains le diocèse.

C’est là l'origine de tous les compromis, de toutes les mutations qui désorganisent les paroisses et écæurent les catholiques :

Lé cardinal Régnier, un homme d’une incontestable valeur,ne posait qu'une question aux curés qui venaient ie voir :

“ __ Mon cher curé, disait-il, depuis combien d’années êtes-vous dans la paroisse de X..., ?

“ __ Depuis trente ans, Monseigneur.

“ __— Ah ! mon cher curé, venez que je vous embrasse.”

Et plus tard, dans une retraite, découvrant sa façon de penser, il disait à ses prêtres :

“ — Messieurs, quand un curé peut me dire, Monseigneur, je suis depuis vingt, trente, quarante ans dans ma paroisse, je bénis Dieu, car c'est un prêtre qui a fait du bien et qui en fait encore. ”

Combien peu nous trouverions de ceux-là dans les diocèses.

Lorsque certains citoyens entamèrent la grande lutte contre l'influence indue, il fut impossible d'obtenir un mot de l'autorité épiscopale.

Dans une brochure qui raconte la contestation de Berthier, on trouve relatée une entrevue qui démontre bien quel fatalisme règle les questions à l’archevêché de Montréal :

Entrevue ou audience de l'honorable Dr À. H. Pâquet, sénateur, et Louis Sylvestre, Ecr., ex M. P.P., avec sa Grandeur Mgr Fabre, Evêque de Montréal, à son Palais Episcopal, lundi le 31 Mars 1879. Durée de l'audience : 20 minutes.

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