DE SYLVIA
Une des œuvres les plus néfastes, sinon la plus néfaste de notre clergé a été l’affaiblissement constant de l'instruction et de l'éducation.
Ce qu'il y a de plus lamentable, c'est qu'il est luimême victime de cet affaisement et que tout le premier il est ignorant. C’est donc l'étude de cette ignorance qui donnera la clef et le remède.
Un éminent professeur de philosophie disait :
“ L'éducation a pour but de préparer l'intelligence à la vérité et la volonté à la vertu.”
L'éducacion doit développer l’homme tout entier : son cœur, ssn intelligence, sa volonté ; l’enfant est destiné à sentir, à penser, à agir, il faut donc pourvoir à la fois à la délicatesse de son âme, à la force de son esprit, à l'énergie de son caractère. A vrai dire l'éducation n'est que le commencement de la vie, et la vie elle-même ne doit être que l'achèvement de l’éducation.
Si l'homme allait jusqu’au bout de ses facultés, il arriverait par l'entelligence au génie, par la volonté à l'héroisme, par le cœur à la sainteté. C’est l'effort moral qui constitue l'unité de la vie, l'enfance s’y dispose par l'obéissance passive, la jeunesse le soutient par le travail de l'étude, l'homme l’achève par la vertu pratique.
Quelle grande leçon mérite notre jeune clergé et le clergé tout entier qui doit être éduqué avant de deve-
nir éducateur.
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Le temps marche grandement et il leur faut le suivre s'ils ne veulent pas être dépassés.
Il n'est pas seulement appelé, le prêtre, à parler au pauvre paysan, sans instruction, sans arguties, capable de pousser la charrue et content de regarder le ciel pour croire. La bonne femme, d'une piété superstitieuse, égrénera son chapelet pour dire son Credo. L'enfant, heureux de savoir son petit catéchisme, retranché derrière le voile de sa timide ignorance, n'aura pas un commencement de doute. Un prêtre d'un modeste savoir lui suffirait. Mais aujourd’hui, avec la diffusion de l'enseignement, la prodigieuse multiplication des brevets, il y a dans chaque bourg, à l'ombre du clocher de l’église, une maison au moins où se lisent les grands vers de Musset ou d'autres poètes, de grands esprits séduisants.
Il faut avoir dans la chaire qu'abrite ce clocher, un homme disert, compétent, capable d'apprécier les beautés, de réfuter les erreurs et les sophismes des charmeurs littéraires. Sans conteste le curé doit être à la tête de la paroisse et pouvoir, d'une manière générale, donner un conseil à tous ses paroissiens, si instruits, si haut placés soient-ils. Il faut prendre une autorité qui sache, puisse s'imposer. Sa mission, ses
rérogatives sont si imposantes ! En est-il ainsi de nos jours? Non. Le clergé est inférieur à sa mission. A qui la faute encore une fois? Aux formateurs du clergé.
Ces formateurs ce sont les professeurs.
Qu'ont-ils connu de leur métier, que connaissent-ils de leurs devoirs, ces petits abbés qui à trente-cinq ans professent depuis onze ans la théologie morale et dogmatique ?
nutile d’arguer, d'apporter les études excellentes faites par le sujet pendant ses cinq ou six années de Gran Séminaire. Ce sont-là études d’écolier et non études de professeurs. Or pour être nommé professeur il faut avoir fait des études professorales. Que le mot n’effurouche pas, nous l’expliquons.
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