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œuvr s, si l'on ne veut pas manquer le train ni éprouver de retard à l'avant-dernière station. l
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5o On prend des voyageurs sur tout la ligne.
Que de stupidités, de vulgarités, de grossièretés amassées sur un simple morceau de carton.
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Pauvre peuple qu'on instruit ou plutôt qu'on carotte ainsi.
Quelle humiliation.
Dans un joli livre de Sunkiewiez qui vient d'être traduit en France et est intitulé Par le fer et par le feu, l'auteur met daus la bouche d’un narrateur l’entrée au paradis de Longinus, mort pour la patrie.
Qu'on lise ce récit écrit pour de pauvres slaves et qu'on compare les leçons que comportent ces deux
‘ écrits :
— Quel est l’audacieux qui frappe ainsi nuitamment à la porte du ciel ?
— Ouvrez! ouvrez, bon saint Pierre ; c’est moi, messire Longinus Podbipieta.
— Mais quels sont vos mérites et vos vertus, por que vous vous enhardissiez à venir troubler le som'neil du portier du ciel? Prétendez-vous que ces portes, qui ne s’ouvrent de droit, ni devant la naïssance si haute et si illustre qu’elle puisse être, ni devant la dignité patricienne, ni devant les charges et les honneurs de la cour, ni même enfin devant la inajesté royale, vous donnent libre accès en
. un lieu où l’on ne parvient guère en carrosse, escorté de
heiduques et traîné de six chevaux, mais plutôt par un sentier abrupt, semé de ronces, qu’il faut gravir péniblement.
—Ah ! ouvrez, saint Pierre, ouvrez vite! Car c’est précisément.par ce sentier étroit qu'est venu vers vous notre camarade, messire Longinus Podbipieta. Il est venu vers vous, tel qu’une colombe fatiguée après un long vol. Il est
venu nu comme Lazare : il est venu ainsi que saint Sébas-
tien, le corps déchiré par les flèches païennes ; il est venu pauvre comme Job, pur comme une vierge qui n’a pas connu d’époux, chaste comme un agneau doux et patient. Il est venu sans être souillé par le péché, avec le sacrifice de son sang joyeusement versé pour le salut de la patrie. Ouvrezlui, saint Pierre ! car si vous le repoussez, quel est celui qui trouvera grâce à vos yeux? Ouvrez-lui, saint gardien fu ciel. Laissez passer cet agneau ; laissez-le paître en la céleste
prairie, laissez-le se réconforter avec les herbes divines...
car il est venu pauvre et aflamé... Laissez-le... Ici, l’ora-
teur s’interrompit, étouffé par ses larmes... et avec lui toute l’assistance se mit à pleurer à haute voix.
Voilà l’idée du paradis exposée au peuple pur des prêtres, par une collection de prêtres, et d’un autre côté par un écrivain purement laïque.
Quelle est celle des deux versions qui élève l’âme ?
Quelle est celle qui l’abaisse ?
L'origine de nos douleurs, de la nécessité de la prière est profondément émouvante par elle-même, pourquoi donc ne pas la rehausser au lieu de la rapetisser ?
Qui n'a songé dans quelles tristesses sont nées ces évocations de la divinité que l’on veut exploiter aujourd'hui.
La prenière prière ne fût-elle pas lancée lorsque le déluge exterminateur menaçait de détruire toutes les races,
Les accidents de la nature s'étant joints aux maux qui les assaillaient, les peuples éperdus de tant de calamités en reportèrent les causes à des puissances supérieures et cachées et, parce qu'ils avaient des tyrans sur la terre, ils en supposèrent dans les cieux, et la superstition aggrava les malheurs des nations.
Il naquit alors des doctrines funestes, des systèmes de religions atrabilaires et misanthropiques qui peignirent les dieux méchants et envieux comme les despotes. Pour les apaiser, l’homme leur offrit le sacrifice de toutes ses jJouissances : il s'environna de privations et renversa les lois le la nature. Prenant ses plaisirs pour des crimes, ses souffrances pour des expiations, il voulut aimer la douleur, abjurer l’amour de soi-même ; il persécuta ses sens, détesta sa vie, et une ' morale abnégative et anti-sociale plongea les nations dans l’inertie de la mort.
Mais parce que la nature prévoyante avait doué le
< cœur de l’homme d’un espoir inépuisable, voyant le bonheur tromper ses désirs sur cette terre, il le pour-suivit dans un autre monde ; par une douce illusion,
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