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il se fit une autre patrie, un asile où, loin des tyrans, il reprit les droits de son être: de là résulta un nouveau désordre: épris d'un monde imaginaire, l’homme méprisa celui de la nature ; pour des espérances chimériques, il négligea la réalité. Sa vie ne fut plus à ses yeux qu'un voyage fatigant, qu'un songe pénible ; son corps qu'une prison, obstacle à sa félicité , et la terre un lieu d’exil et de pélerinage qu'il ne daigna plus cultiver. Alors une oisiveté sacrée s'établit dans le monde politique: les campagnes se désertèrent, les friches se multiplièrent, les empires se dépeuplèrent, les monuments furent négligés , et de toutes parts, l'ignorance, la superstition, le fanatisme, joignant leurs effets, multiplièrent les dévastations et les ruines.
Il a fallu donner au temps le soin de réparer tant de désastres et à la raison de celui relever ces esprits.
C'est là que l’œuvre des philosophes à produit ses grands effets.
Les générations ont puisé dans l'esprit philosophique la force de discuter leurs maux, de les guérir ou de les soulager, en même temps que la conviction réellement chrétienne leur donnait la force d’entrevoir l'avenir dans la réalité.
Et maintenant, c’est le clergé qui vient détruire notre œuvre pour battre monnaie avec les consciences.
Le matérialisme est la ruine de la caste religieuse de nos jours.
Maxime du Camp, qu'on ne taxera pas de fausses doctrines, écrit :
Dans un couvent situé non loin d’Agré-Dagh qui est le mont Ararat, un moine arménien m'a raconté une légende qui peut n'être pas déplacée ici. Lorsqu’Eve et Adam eurent détaché et mangé la pomme, ils furent subitement doués de connaissances qu’ils n’avaient point soupçonnées et dont le Seigneur Dieu fut inquiet. Au vingt deuxième verset du troisième chapitre, la Genèse nous enseigne qu'il a dit: ‘ L’homme est devenu comme l’un de nous, sachant le bien et le mal.” Craïignant que l’homme ne fût semblable av
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Dieu, ainsi que le serpent l’avais promis, l'Eternel créa la vigne afin qu’il devînt semblable aux bêtes. Le bon moine, caressant sa longue barbe noire et faisant ronfler son narghilé, me regarda avec malice et ajouta : ‘ Dieu était en cas de légitime défense, je le reconnais, mais je crairs
qu'il n'ait dépassé le but, car malgré sa prescience, il n’a
pu deviner que l’on mettrait la fureur et la folie en bouteille.” Ayant dit cela, il avala un verre de raki et fit cla-
quer sa langue.
C’est ainsi, bonne table et bonne chère partout : cela aux frais des indulgences et aux dépens des prières.
Nous ne voulons pas faire ici de caricature, cela ne rentre pas dans notre cadre.
Pourtant, un jour viendra où la caricature sera notre seule arme pour repousser l'envahissement.
La véritable facon de combattre le cléricalisme consiste dans la satire, dans l'épigramme, dans la curicature, dans l'usage journalier et permanent de l'arme qui tue le mieux et qui s'appelle le ridicule ; les bonnes caricatures feraient bien plus d'effet que les articles les mieux raisonnés.
La pointe d’un crayon a tenu plus sûrement un coupable en respect que le canon d’un fusil qui l'aurait couché en joue. Aussi faut-il rendre justice à la charge qui a tant de fois été pour le mal une charge à mitraille ; la caricature, c'est le cri des citoyens, ele représente la foule ; elle fut l’arme des anciens comme elle fut celle des révolutions. La grande affaire, c’est de railler et de le faire impitoyablement, sans se préoccuper des airs gcurmés de ceux qui protestent. Quand on accuse des citoyens de persécuter le clergé et d’affu: mer l'Eglise, il n'y a qu'à montrer quelque belle et
rosse bedaine de vicaire suant par tous les pores le martyre de la bonne chère et souffrant d’un excès d’embonpoint. De pareils tableaux font fortune dans les villages aussi bien que dans les villes, et les cléricaux auront beau fuire, ils n'empêcheront pas ces images de circuler.
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Pour le moment, nous sommes écrasés par cette presse visqueuse de l’ultramontanisme dont la formule de formation est trop connue, mais qu’Albert Millaud, du Figaro décrivait si bien :
‘ Versez dans une marmite une bouteille d’encre noire, deux ou trois verres d’absinthe et quelques gouttes de fiel extravasé. En guise de légumes, mettez-y quelques morilles empoisonnées, un peu de champignons vénéneux, du basilic et des radis noirs. En guise de viande, choisissez un gibier délicat.
‘ Prenez de préférence un libéral gras er dodu ; choisissez-le mariné dans une position respectable aux fines herbes ou confit dans une robe de magistrat ; désossez, ficelez et dégraissez votre libéral, coupez-le en tranches minces et faites-le bouillir dans la marmite.
‘“ A défaut de libéraux de premier choix, saisissez un simple indépendant ; videz, flambe, troussez votre indépendant et faites-le fondre dans sa graisse.
‘ Ayant obtenu de tout cela une purée compacte, remuez en liant votre sauce avec du beurre de castor, de la saumure d’invectives, de la rinçure de grands principes. Ajoutez cinq ou six adjectifs poissards, une botte d’injures de la Courtille, deux ou trois clous de mauvaise foi et cinq ou six graines d'envie concentrée. Remuez avec précaution.
‘ Parfumez votre mixture avec un peu d’essence pontificale et un demi-verre de bouquet de barbe de jésuite.
‘ Laissez cuire à petit feu ; n’écumez pas votre pot et remuez de tenips * autre avec le porte-plume.
‘ Enlevez avec soin tous les cheveux qui tombent généralemeut dar s le potage ainsi préparé.
‘ Et quand tout est prêt, prenez cette mixture et versezla toute chaste sur de petites feuill: «e papier à deux sous.”
C'est ainsi que se préparent généralement les pieux organes dans lesquels notre peunle vient compléter son éducation religieuse si bien commencée par les petites prières du genre de celles aue ncus venons de citer.
Faut-il s'étonne: apres cela du crétinisme de nos plus belles organisations cl:"ic-les.