‹ Ruines cléricales [microforme]Chapitre 44 sur 53 · S RUINES · texte numérisé non relu

S RUINES

- Rosaire recevoir et présen.

ces prières et ces pénitenoes : consacré ; puisse la justice niséricorde nous pardonner.

ue et publiée au prône des se fait l'office public, et au autés religieuses, le premier

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à la vérité et à la morale, rappeler à tous leurs devoirs dans les jours difficiles que nous traversons.

Mais, Nos Très Chers Frères, grâce à la presse — puissance terrible, pour le mal comme pour le bien, — les scandales ont été divulgués au loin, et sont venus jeter l’émoi au sein de nos populations d'ordinaire si calmes dans leur foi religieuse, Le malaise a envahi toutes les classes, la paix des familles à été troublée, et les consciences sont bouleversées,

Aveuglé par les préjugés, la passion, les calomnies, on en est venu à soulever des questions qui ne regardent que ceux qui ont charge de gouverner l’église de Dieu et à qui seuls il appartient de la diriger.

Attristés et inquiets, vous avez tourné vos regards vers vos premiers Pasteurs pour leur demander encouragement, lumière, conseil et direction. C’est cette parole de consolation que Nous vous apportons aujourd'hui, Nos Très Chers Frères : c'est cet enseignement que nous venons vous donner au nom de celui qui a dit aux apôtres dont nous sommes les successeurs. ‘ Qui vous écoute m'écoute, qui vous méprise me méprise. ”

Un prêtre est tombé; n’en soyez ni trop surpris, ni alarmés dans vos croyances religieuses ; Notre-Seigneur n'at-il pas dit : “Il est nécessaire qu'il y ait des scandales ; ‘ cependant malheur à l’homme par qui le scandale arrive.”

L'histoire de l'Eglise nous offre de nombreux exemples de la vérité de cette parole. Il s’est rencontré et il se rencontrera encore de malheureuses défections dans le clergé comme parmi les simples fidèles. On a vu et on verra des prêtres indignes de leur auguste caractère, indignes de Eglise, leur mère, qui les enfante au sacerdoce et remet entre leurs mains le sceptre de ses pouvoirs et la garde des âmes soumises à sa direction.

La fragilité humaine, la violence des passions, l'abus des choses saintes, les ruses du démon, les séductions d’un monde vu de trop près, de tout temps, ont produit des Judas qui abusèrent de leur position élevée, de l'intimité et de la confiance du Maître pour le livrer, violer leurs serments et trahir leur mission.

L'Eglise a gémi de ces chutes, elle en a souffert, mais jamais son existence n’en à été ébranlée, ni son action compromise. [éclat de son incomparable sainteté est resté le

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même, ia même salutaire influence sur les âmes, la même puissance de régénération. Environnée du respect, de la reconnaissarce et de l'amour des peuples, la Sainte-Epouse du Christ n’en a pas moins continué, a travers les âges, son œuvre de salut et ses étonnantes conquêtes,

Ainsi l’a voulu son divin Fondateur ; en confiant à des hommes faibles et pécheurs la garde de sa religion, il en démontre la céleste origine et la conservation surnaturelle, il éprouve notre foi et nous signale l’abus de la liberté par laquelle nous pouvons nous soustraire à son influence sanctiticatrice. A la fin des siècles seulement le bon grain sera séparé de l’ivraie, et l'or de tout alliage ; à la seule Eglise triomphante est réservée la gloire d’une sainteté sans défaillance dans chacun de ses membres.

Au reste, Nos Très Chers Frères, trop communes, hélas! à certaines époques et dans certains pays, les défections n’ont été, grâce à Dieu, que des exceptions au sein de notre clergé national. Il ne serait donc ni sage, ni juste d’envelopper, dans une même condamnation, quelques prêtres prévaricateurs ot la masse du clergé, de fuire rejaillir sur tous les fautes d’un petit nombre, et d’arguer de faits isolés pour laisser planer le soupcon sur le corps ecclésiastique tout entier.

Aussi quelle n’a pas été Notre douleur, disons le mot, Notre légitime indignation, de voir des hommes qui se disent catholiques, défenseurs de la religion et de la morale publique, prendre occasion de la chute d’un prêtre, si profonde et si humiliante qu’on le suppose, pour jeter le mépris et l’insulte sur le clergé de toute une province.

On s’est plu à en parler dans des termes qui ne pouvaient que le discréditer dans l'opinion de tous ; on ne lui a ménagé ni le blâme, ni le dédain, et chaque courrier, pour ainsi dire, nous apporte de nouvelles censures et d'insolentes suggestions. On le représente ici comme un clergé cotrupteur dans un grand nombre de ses membres = eomme un corps trop puissant, fastueux, avide de ri es et de de mination. Le respect dont notre peuple a oujours entouré ses prêtres, le zèle de ceux-ci pour l’accroissement de la religion et de la piété dans les âmes, sont devenus l'objet des plus sévères critiques et des appréciations les pins injustes.

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Jouant le rôle démoralisateur de Voltaire, ces mauvais catholiques ont donné au scandale que Nous déplorons si amèrement, la plus grande publicité: on en a parlé de manière à faire rougir toute personne qui se respecte.

Des écrits immondes, que le seul sentiment de l'honneur et de la vertu aurait dû faire détruire, ont été imprimés, vendus, distribués dans le public. Et pourquoi tout ce bruit, ce retentissement si funeste aux âmes et si contraire aux lois les plus élémentaires de la morale et de la charité chrétienne? Pourquoi toutes ces accusations fausses ou exagérées ? Pourquoi cette explosion aussi triste qu’inattendu, d’assertions plus que hardies, de propositions malsonnantes, d’insinuations perfides, sinon pour humilier l'Eglise, discréditer le sacerdoce, et, par là, arrêter ou du moins diminuer son action bienfaisante dans le monde ?

Eh bien ! Nos Très Chers Frères, Nous, vos chefs spirituels, Nous chargés par Jésus-Christ de veiller à la garde du troupeau et de le protéger contre les loups ravisseurs, Nous qui rendrons compte un jour du bien que nous aurons omis et du mal que Nous n’aurons pas empêché, Nous vous disons : aimez et respectez vos prêtres ; d’abord parce qu'ils sont dignes de cet amour et de ce respect, ensuite parce que votre bien et celui de la religion le réclanent.

Qui ne connaît le zèle du clergé canadien, son dévouement, sa piété et sa chasteté? Qui osera nier ce qu'il a fait dans le passé pour le salut et la prospérité de notre race, après comme avant la conquête ; l'influence dont il jouit et qu’on lui reproche, il l’a conquise par la charité, le courage, le sacrifice, un dévouement sans borne aux intérêts temporels et religieux du pays. *

Or, ce que le clergé fut dans le passé, il l’est encore dans le présent. Nous qui connaissons nos prêtres, nous sommes les témoins plus autorisés que tous de leur vertu et de leur désintéressement. C’est pourquoi Nous regardons comme un devoir à l’heure présente de protester hautement contre les attaques dont notre clergé national vient d’être l’objet. Ce clergé, nous le proclamons sans crainte d’être démentis, est l’un des plus admirables qui soient au monde par son zèle à tout épreuve, par sa foi ardente et pratique, et par la pureté de ses mœurs.

Les exceptions que l’on peut signaler, les fautes que ‘on dénonce, trop souvent en ies grossissant, ne sauraient détruire cette vérité si consolante pour vous comme pour Nous. C’est, du reste, le peuple canadien tout entier, qui, par son respect et sa soumission, son empressement à Jui témoigner, aux Jours de nos grandes fêtes nationales, son attachement et sa reconnaissance, fait le plus bel éloge de notre clergé et le venge de ses détracteurs.

Un autre motif de vénérer vos pasteurs, Nos Très Chers Frères, c'est que le respect dû au clergé est d’une importance capitale dans la vie de l'Eglise.

Une nation qui ne respecte pas ses prêtres est une nation qui court à sa ruine. Quand Voltaire voulut perdre la France et ébranler sa foi, que fit-il? IL commença par ces perfides paroles: ‘ Vos prêtres ne sont pas ce qu’un

vain peuple pense.” Il sema contre eux dans les esprits le doute et la défiance, les poursuivit de ses raiïlleries et de ses sarcasines et il accomplit son œuvre.

Or, qu'at-on fait autre chose, Nos Très Chers Frères, depuis quelques semaines, au foyer domestique, sur Ja rue et jusque dans la presse ? Ceux qui ont joué ce triste rôle ne tarderont pas à en rougir ; mais comprendront-ils jamais tout le mal qu'ils ont fait? Ici, nous ne pouvons Nous empêcher d'exprimer Notre regret profond de voir que dans Île journalisme à quelques nobles exceptions près il y à absence presque complète de tout contrôle et de toute surveillance exigée par la morale chrétienne. On y voit souvent reproduits des feuilletons dangereux ; on y publie avec un empressement coupable ou du moins irréfléchi les scènes scandaleuses, les aventures romanesques, les récits lubriques de la rue et des assises criminelles ; on y fait de la réclame en faveur d'ouvrages impies et malsains, et ainsi le journaliste, oubliant sa dignité et son devoir, se déshonore et trahit sa mission.

Ne soyez pas surpris, Nos Très Chers Frères,de la sévérité de notre langage. Si Nos personnes seules ou Nos actes eussent été en cause, Nous aurions pu Nous taire, à l’exeimple de Notre Divin Maître, qui n’opposa que le silence aux outrages dont l’abreuvèrent les Juifs. Mais la doctrine, les sacrements, la discipline de l’Eglir: ne sont pas notre

propre ; c’est un dépôt sacré que Nous devons religieuse 4

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