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civilisation moderne, parce que ce serait consacrer
: l'examen et que l'examen est la négation de l'obéis-
sance passive à un enseignement. C’est ce qu'elle a
| fait dans scn fameux Syllabus.
Comment tout cela finira-t-il ?
L'Eglise ne cèédera pas. Quand nous disons l'Eglise, nous parlons del’Epglise officielle,de l'Eglise enseignante, c'est-à-dire du sacerdoce. Jamais aucun sacerdoce dans
l'histoire n’a cédé au mouvement qui a emporté son
culte et fait de son temple une ruine. Des prêtres, isolément pris, suivent une direction nouvelle, Aux
| premiers jours du christianisme, des hommes du sacer-
+ doce juif se joignirent aux disciples de Jésus ; des
prêtres égyptiens, des prêtres des temples payens se firent chrétiens aussi. Mais les corporations ne cédèrent jamais et elles ont subsisté jusqu’au dernier moment
# où la loi qui les avait protégés les supprima avec leurs
temples, où l'indifférence des peuples les laissa seuls
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au fond de leur sanctuaire vide de toute offrande. Sous quelque civilisation qu'on étudie le sacerdoce, on le voit toujours rivé fatalement à la chaîne de l’immobilité. Un sacerdoce, par la loi de sa constitution, arrive logiquement à l'horreur de tout changement qui le réforme, comme le vieillard arrive vers la fin de ses jours à l'horreur du mouvement et du oruit qui troubleraient ses dernières heures et agiteraient son agonie.
Si l'Eglise officielle est sous la loi fatale de l’immobilité d’où elle ne peut sortir sans penser qu'elle se suicide, il est absurde de lui demander qu'elle se mette de gaieté de cœur à une réforme, même la plus petite, qu'elle regarderait comme un signal de mort. Les institutions vieillies, du reste, en sont là. C’est dans la nature des choses humaines et ce n'est pas spécial à l'Eglise.
Mais ce qui n’est pas absurde, c’est demander à l'Eglise enseignée qu'elle s'arrache à l’immobilité de son sacerdoce et la chose est possible sans secousse.
Même aujourd'hui où la secte jésuitique a pris une si rande force, si le luïcat croyant, aidé de quelques hommes de cœur dans le clergé, voulait sérieusement la rénovation religieuse, seule capable d'arrêter la chute du catholicisme, si ce laïcat avait le sentiment de sa force, à un jour peut-être peu éloigné, il réaliserait ce changement dans l'Eglise. Et voilà la raison.
Par un singulier phénomène peu aperçu, les hommes du non possumus, si revêches contre quiconque veut les réformer, subissent toujours plus qu’ils ne pensent l'influence des masses qu'ils croient diriger. Le paganisme a lourdement pesé sur le culte chrétien, et en combien de choses l'Eglise a compté avec les croyances enracinées, les superstitions et ces habitudes que nous appelons les mœurs !
Au Canada les prêtres défendent généralement le théâtre et ils sont assez puissants pour que pas une femme ne mette de sa vie les pieds au théâtre, parce que leur confesseur leur refuserait immédiatement
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l'absolution. A Rome, où le cardinal-vicaire pouvait d’un trait de plume fermer les théâtres, on les a tolérés.
Les délégats en bas violets ont eu leur loge dans les
. théâtres des petites villes de l'État pontifical, exacte-
ment comme on a la sienne à l'Opéra. Les mœurs des Romains ne leur permettaient pas de se passer de spec-
, tacles. Partout où le sacerdoce trouve dans la masse : des fidèles une volonté de résistance, il compose avec
elle.
Le XVe siècle a introduit dans le’ nouveau monde l'odieux esclavage que l’on avait reproché avec tant de raison au monde antique. Quelques papes ont fait du bruit. Ils ont condamné l'esclavage dans leurs bulles. Mais pas un d'eux n’a osé commander au clergé de refuser les sacrements à tout possesseur d'esclaves. Dans les pays d'esclaves, les évêques et les prêtres possédaient des esclaves et Rome ne l’ignorait pas. Avec la puissance incontestée alors de l'Eglise, c'était d’une simplicité extrême. Mais non, les intérêts étaient-là, et le sacerdoce toléra la violation d’une loi naturelle.
La société croyante dans son élément laïque a done une grande force ; et si elle voulait, si la lumière se faisait dans son sein, sans une révolte douloureuse, sans une séparation violente, comme celle du XVIe siècle, le sacerdoce serait amené à secouer ses langes et à introniser un ordre spirituel nouveau dans l’organisation sociale nouvelle.
Les hommes qui peuvent, par leur parole ou par leurs écrits, exercer de l'influence sur ieur époque doivent tout faire pour l’amener, dans l'intérêt même des croyances, à cette résistance salutaire.
Ce serait le moyen d'éviter la révolution religieuse qui écrasera le cléricalicisme latin. Au lieu de subir la révolution, le cléricalicisme arriverait pacifiquement à la transformation.
Avec le systèine de l’immobilité, l’évolution religieuse est logiquement posée dans l'avenir. Elle est la résultante infaillible de la lutte du sacerdoce contre le mouvement moderne.
Cette évolution est prédite. à
Il ne faut pas cesser de la montrer au sacerdoce comme le menaçant d’un jour à l’autre.
L'œuvre est difficile. Mais les efforts faits dans ce sens ne peuvent en aucun Cas être perdus. Îlest tou- # jours beau de préparer le monde pour que les évolu- 4 tions que les fautes fatales amènent aient moins de violence et fassent moins de ravages.
Nous savons ce qui se passa dans la révolution prodigieuse qui inaugura le christianisme. Le sacerdoce mosaique, sauf des individualités,s’obstina dans l’immobilité de ses traditions et de son culte. Deux siècles après le Christ, la synagogue sommeillait paisible dans ‘ sa vie routinière sans se douter seulement que les dissi- | dents galiléens qui l'avaient abandonnée, lui enlève-
Li raient ses dogmes, ses livres saints, tout ce qu’elle avait [A dans son passé de sérieusement bon, pour ne lui laisser que le formalisme rabbinique dans lequel elle s’affai-
sait.
Les mêmes causes amèneront les mêmes résultats. | Du catholicisme routinier tel que le conçoit l'Eglise le romaine devra surgir logiquement, par voie d'évolution d lente mais immanquable, un christianisme plus que ar réformé,un christianisme transformé, à peu près comme … di le christianisme fut une transformation radicale du ler judaïsme. Ce sera curieux, mais ce sera. ét di dl 1 ce 4 d’ ; : da + co pr | © ur 4 id
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