‹ Rupture sous-péritonéale du duodénumChapitre 11 sur 19 · ÉVOLUTION · texte numérisé non relu

ÉVOLUTION

La terminaison habituelle des ruptures rétro-péritonéales du duodénum non opérées, est presque toujours la mort, soit par péritonite généralisée, soit par péritonite enkystée. La mort en pareil cas peut être due à la septicémie provoquée par l’abcès lui-même.

Il convient cependant de signaler que, dans certains cas, extrêmement rares d’ailleurs, avec de petites perforations, la lésion peut évoluer spontanément vers la guérison. Sans compter comme guérison des cas douteux, comme ceux de Yarr et de Fenwick, que Guibé rapporte dans ses mémoires, on signale des cas réels de survie sans intervention. Il s’agit alors de ruptures très petites, avec collection suppurée consécutive, collection qui s’est ensuite résorbée spontanément.

Mais c’est là l’exception, et on peut admettre que la rupture du duodénum évolue fatalement vers la mort, dans un laps de temps plus ou moins court, suivant qu'elle a pour conséquence des complica-

tionsimmédiates, rapides ou tardives.

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Évolution immédiate.

Rare, elle ne s’observe guère que dans de grandes déchirures, et, même dans ce cas, où la mort survient presque immédiatement, elle est bien plutôt la conséquence de lésions d’autres organes, accompagnant la rupture duodénale, que de celle-ci. On conçoit mal d’ailleurs par quel mécanisme une simple déchirure du duodénum, si importante soitelle. peut entraîner une mort immédiate. Et dans ce cas, la mort est bien plutôt la censéquence de la contusiou de l’abdomen, du choc nerveux, et surtout d’une hémorragie interne par rupture du foie, de l’épiploon, de la rate ou d’un vaisseau volumi-

neux.

Évolution rapide.

Nous classerons ici tous les cas où on assiste à une évolution semblable à celle de toutes les lésions traumatiques de l'abdomen. Après dix, douze, vingt heures de silence, après une accalmie trompeuse, le malade présente un symptôme péritonéal à forme parfois suraiguë, nécessitant une intervention d'urgence, à forme souvent infectieuse, toujours extrêmement grave, et qui emporte le blessé en un laps de temps qui ne dépasse guère vingt-quatre ou trente-six heures.

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Évolution lente.

C'est celle de tous les cas où le malade après un traumatisme duodénal reste un temps relativement important, parfois plusieurs jours, sans présenter aucun symptôme. Ce mode d'évolution est beaucoup plus intéressant que les précédents, d'une part parce qu'il est de règle dans les ruptures rétropéritonéales, d’autre part parce que le danger qu'il fait courir au blessé est d’autant plus grand que la symptomatologie est muette plus longtemps.

Elle s'explique facilement par l’anatomie-pathologique, qui montre la formation d’adhérences protectrices enkystant l’épanchement, jusqu'au moment où, cédant, elles laissent éclater une péritonite généralisée. Ce retard peut aussi avoir pour cause une perforation secondaire à une plaque de sphacèle, à la suite d’un traumatisme.

Dans tous les cas, ces perforations à symptomatologie en retard, sont presque toujours la signature d’une rupture rétro-péritonéale du duodénum, À ce niveau, seule l'anatomie du duodénum permet de l'expliquer. H faudra donc être toujours très réservé sur le pronostic d’un traumatisme duodénal.

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