IV. — Etat des autres organes
Outre les lésions de l'aorte (rupture et athérome) et les lésions des organes avoisinants dépendant de l'épanchement sanguin, on trouve chez le sujet atteint de rupture de l'aorte d’autres lésions plus éloignées dont les unes sont en rapport avec la cause de la sclérose artérielle, dont les autres jouent un rôle dans le mécanisme de la rupture. | | Lie
En même temps que les lésions de l'aorte, la syphilis a dans le cas de Létulle (Obs. VIT) produit d’autres scléroses ou d’autres lésions spécifiques : artérites rénales et rein gauche atrophié (45 gr.) ; traces de gomme hépatique ; artères basilaires très athéromateuses, d'exostoses spécifiques vertébrales. Dans le cas de MM. Bousquet et Roger, il semble que la syphilis n’ait porté son atteinte que sur l'aorte, puisque, du moins à un examen macroscopique, foie, rein, poumons ne présentent pas d’altéralion spécifique. Dans des cas d’aortile athéromateuse banale, non spécifique, on peut rencontrer de la sclérose d’autres artères ou d’autres organes.
Mais il est deux lésions auxquelles Letulle fait jouer un grand rôle dans le mécanisme des ruptures de l'aorte : la néphrile chronique et l'hypertrophie consécutive du cœur gauche. Par l'hypertension qu'elles provoquent, ce sont pour lui «l’agentactif capable de produire à l’intérieur de la crosse, la secousse, l'effort, le traumatisme interne indispensable pour rompre la membrane interne graisseuse et permettre à la colonne sanguine sous pression forte de dissocier les différents plans de clivage des cou-
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ches élastiques de la mésartère. » Letulle dit avoir rencontré cette hypertrophie du cœur dans la plupart des observations récentes de la Société anatomique : Nitot (Obs. /XVI):-Féré, Loppe-{Obs. XIV): Ray, Durand- Fardel, Pilliet (Obs. XXIIT): Parmentier, Papillon, Saguel, Lévi, Thibierge, Nissim, Letulle (Obs. VIT.
Dans les cas de Lion (Obs. XJ) et Dürr (Obs. XXXT), le cœur n'élait pas hypertrophié, mais surchargé de graisse. Il en est de même dans neuf observations de Peacok et dans l'observation de MM. Bousquet et Roger (Obs. T) : le dessin que nous en publions montre bien sur la face antérieure du cœur ces amas volumineux de graisse surtout développés au niveau du cœur droit et le long des coronaires.
En résumé : au point de vue analomique, ce qui caraclérise les ruptures spontanées de l'aorte, c’est leur siège habituel au niveau de l'aorte ascendante avec épanchemon! dans le péricarde, moins fréquent au niveau de l'aorte descendante avec dans ce cas épanchement dans la plèvre ; leur forme assez souvent rectiligne, parfois circulaire ; la formation possible d’anévrisme disséquant ; la possibilité des ruplures partielles (Letulle).
Les ruptures spontanées se rencontrent surtout sur les aortes athéromateuses dilatées ou non, parfois sur quelques aortes syphililiques où présentant une diminution de calibre et un amincissement particulier des parois, état papyracé (Brouardel et Vibert). Lorsqu'il n'y a pas de lésions visibles à l'œil nu, on constate presque toujours des altéralions histologiques, particulièrement de la dégénérescence graisseuse.
Chez les sujets morts de rupture de l’aorte, souvent le cœur est hypertrophié, parfois graisseux, et le rein atteint de néphrile chronique atrophique.