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OBSERVATION II

Rupture associée de la rate et du rein gauche Splénectomie et néphrectomie. — Guérison -

Le jeune R... est amené d’urgence à notre formation le 11 janvier 1940, à 10 heures 30, accompagné par un médecin civil qui l’avait observé depuis quelques heures, et qui craignait une hémorragie intra-péritonéale.

Circonstances de l'accident : Le ro janvier, au début de l'après-midi, le jeune R..., âgé de 13 ans, descendait, couché à plat ventre sur sa luge, une colline à pente assez faible ; ii voulut à un moment donné passer entre deux arbres ; mais la neige avant été rendue glissante par la glace qui s’y était formée, et la vitesse de l’engin étant assez considérable, le iéune garçon perdit le contrôle de sa direction, et fut projeté avec violence contre un des arbres, qu’il heurta brutalement avec son flanc gauche.

If ne put se relever tout seul, et c’est un militaire, qui se trouvait à proximité, qui le chargea sur un traîneau et le ramena ainsi à ses parents. Ceux-ci le mirent aussitôt au lit à l'enfant, qui n’avait à aucun moment perdu connaissance, se |

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plaignait de douleurs dans le Ce et surtout dans le côté gauche.

Un médecin militaire qui se trouvait non loin de là, fut appelé pour examiner le petit blessé ; ne trouvant aucun symptôme alarmant, il conseilla l’expectative. Les parents inquiets firent encore venir un médecin civil, qui, après examen, fut également d'avis de temporiser. Mais, le lendemain inatin, l’état étant devenu franchement alarmant, et des signent d’anurie commençant à apparaître, le médecin transporta lui-même le garçonnet à notre service chirurgical.

Examen à l'admission : L'enfant arrive à notre formation 21 heures environ après le traumatisme. Il présente surtout des signes d’anémie aiguë : le faciès est décomposé, le nez pincé, les téguments, muqueuses et conjonctives extrêmement pâles,: les extrémités froides ; le pouls bat à 130, il est filant, à peine perceptible, la RAR du type costal supérieur est accélérée.

Les urines émises spontanément révèlent une hématurie massive.

L'enfant se plaint surtout de douleurs lombaires et abdominales gauches ; il y a arrêt des matières et des gaz, mais pas de vomissement. | | L’inspection du thorax et de. l'abdomen ne révèlent rien de particulier ; au niveau de l’abdomen, on ne constate ni plaie, ni ecchymose pariétale.

Au palper, on perçoit une contracture diffuse plus accuser À gauche et dans le flanc ; on constate nn certain ballonnement abdominal, et la percussion révèle une matite des flancs plus étendue et plus fixe gauche.

L'espace costo-iliaque est rempli par une tuméfaction lombaire le rendant un peu saillant dès la simple inspection; au palper, on devine une grosse masse lombo-abdomigale.

On décide l’intervention avec le diagnostic de rupture du rein gauche avec volumineux hématome pariétal, encore en voie d’accroissement.

Intervention : Opérateur : Médecin Capitaine STUIZ, assistant : Médecin Capitaine GERLING. Sous anesthésie à l’éther, on intervient à 11 heures, soit à la 22° heure après

l'accident. On commence par une incision lombaire, prolongée secondairement en avant, le long du rebord costal. En traversant le petit oblique, on note déjà de l’œdème et de la suffusion sanguine; dès l’incision dutransverse,on entre dans un volumineux hématome périrénal, dans lequel flottent des . débris de parenchyme rénal et de graisse périrénale. En évacuant rapidement le sang, on découvre le pôle inférieur du rein, complètement détaché de l’organe, et flottant librement dans l’hématome environnant. La portion principale du rein présente en outre, deux profondes déchirures parenchymateuses qui se rejoignent au niveau du hile, en ouvrant largement le bassinet ; le sang continue à suinter abondamment hors de ces brêches. Le pédicule saigne par une de ses artères inférieures qui est tout de suite pincée ; puis le pédicule lui-même est saisi avec un clamp courbe, et l’on procède à l’ablation des restes du rein. Ligature isolée des vaisseaux et de l’uretère, nettoyage de la loge rénale ; on constate à ce moment que l’hématome a disséqué et soulevé, sans le rompre, le péritoine sur une large étendue. Tout de suite le culde-sac péritonéal apparaît d’un coloris suspect bleu foncé. Rien ne saignant plus dans la loge rénale, on passe aussitôt à l’ouverture du péritoine ; dans la cavité péritonéale, on trouve une faible quantité de sang noirâtre et quelques caillots. L’exploration de la rate montre que le sang provient d’une déchirure splénique ; on prolonge l’incision pariétale comme indiqué ci-dessus. En réclinant le rebord costal (ce qui est facile et donne un jour suffisant chez ce jeune blessé), où arrive à extérioriser la rate sans exagérer les tractions. Elle présente deux profondes fissures d’éclatement qui pénètrent séparément dans le hile vers sa partie moyenne.

La splénectomie étant indiquée, on lie les vaisseaux du pédicule, puis les vaisseaux courts séparément, “ on enlève sans difficulté la rate.

Après assèchement du Hé on vérifie l’angle gauche du côlon ; il n’y a qu’une mince infiltration de sang qui s’est répandue dans la séreuse de la face postérieure du côlon. On referme le péritoine sur une petite mêche de drainage laissée dans la loge splénique. Puis fermeture en 4 plans de

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