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l’incision lombo-abdominale, avec drainage de la loge rénale par un drain et deux mêches.
Suites opératoires : Les suites immédiates de l'opération sont favorables. La quantité des urines émises dès le lendemain est de 600 grammes. Aucun incident abdominal ne se produit. Les mêches sont retirées le 6° jour. La cicatrisation est presque complète après 15 jours, mais la température reste subfébrile, et le petit malade ne reprend ses forces que - très lentement, malgré un traitemnt médical et reconstituant. Il quitte néanmoins le service en assez bon état le 1°’ février 1940, soit 22 jours après l’opération.
Réadmission : Le 19 février, près de 3 semaines après son départ, son médecin traitant nous fait savoir que depuis & jours, le jeune blessé refait une poussée thermique, se plaint de violentes douleurs au niveau des fausses côtes qu côté gauche, et de gêne respiratoire.
Le médecin ayant pu exclure une complication pleuropulmonaire, l'enfant est repris dans notre service; il présente une température à 40°. La petite plaie résiduelle et la cicatrice opératoire sont légèrement douloureuses et œdématitiées ; on note une douleur très vive à la palpation des 11° et 12° côtes en arrière, et, en avant, dans l’hypochondre gauche. La base gauche est submate à la percussion, mais l’auscultation est normale ; l’examen radiologique révèle une immobilité et une légère surélévation de l'hémidiaphragme gauche ; la poche à air gastrique n’est pas visible.
On conclut à un abcès sous-phrénique, constitué dans la loge splénique, peut-être par lésion secondaire de l’angle colique.
Le lendemain 20 février, sous anesthésie générale à l’éther, on ouvre la cicatrice, et on se fraye un passage vers l’espace sous-diaphragmique, en se tenant contre la paroi et le diaphragme ; on ouvre ainsi un volumineux abcès sans gaz, ni odeur particulière ; dans les 400 cc de pus évacué, flottent quelques débris sphacéliques ; on draine la cavité de l’abcès avec un drain et une longue mêche ; le drainage est bien déclive.
Au cours de l'intervention, on n’avait pas l’impression
d’avoir ouvert la cavité péritonéale ; cependant, le lendemain apparaissent des signes péritonéaux indiscutables ; l'arrêt du péristaltisme n’est pas absolument complet, mais il y a de nombreux vomissements.
Le 23 février, après deux mauvaises journées, une localisation semble se produire dans la fosse iliaque droite.
Le 24 février, il se précise un syndrome occlusif avec coliques et péristaltisme visible ; en vue d’une éventuelle entérostomie, on pratique, sous anesthésie locale, une incision dans la fosse iliaque droite, mais on découvre un abcès intra-péritonéal cloisonné entre les anses iléales et le cæcuin, qui semble être la cause des phénomènes d’occlusion observés ; le drainage de cet abcès fait, en effet, disparaître en quelques heures le syndrome occlusif.
Le 10 mars, l’abdomen est encore ballonné ; il y a de temps à autre des coliques, mais les selles se sont régularisées. Les plaies ont un aspect atone et suppurent ; le drainage sous diaphragmatique doit encore rester en place. Peu à à peu, l’état s'améliore.
Le 15 avril, l'abdomen est redevu à peu près normal, sans qu’un autre abcès résiduel se soit formé.
Le 20 avril, le blessé quitte le service en bon état. No avons appris ultérieurement que la guérison s’est finalement parachevée dans de bonnes conditions, et actuellement, le jeune blessé se porte bien.