‹ Ruptures associées de la rate et du rein gaucheChapitre 36 sur 48 · AU, RE · texte numérisé non relu

AU, RE

morragie sont tardifs, il faut savoir se décider sur un minimum de symptômes. |

Jean Quénu a recherché minutieusement ces Symptômes qui doivent, sinon pousser à l'intervention, du moins faire redoubler la surveillance chirurgicale. Il nisiste surtout sur : 4 __ J’existence d’une température oscillant autour de 38°, Re —— Une sensibilité persistante de lhyponchondre gauche, |

— une certaine contracture.

Les symptômes permettant d’affirmer une contusion du rein

—A l’opposé de la symptomatologie très riche, mais toujours de présomption et jamais pathognomonique de rupture plénique, nous trouvons, pour le rein, une symptomatologie plus réduite, mais dont les éléments sont de quasi-certitude. \ : ; 4)

L’'HÉMATURIE

Ce symptôme ne manque presque jamais. LARDEN-

NOIS estime qu’il existe dans 95 % des cas ; elle existait dans les 3 cas que nous avons observés.

a) L'importance en est variable ; dans nos observations 1 et 2, les urines émises étaient du sang presque pur et correspondaient à de très graves lésions rénales. Dans le cas 3, les urines n'étaient que sanglantes, et les lésions du rein se sont révélées minimes à l'opération.

Mais il ne faudrait pas conclure de ces observations qu’il existe une corrélation étroite entre importance de l’hématurie et celle des destructions anatomiques au niveau du rein.

L’hématurie, qui peut être d’abondance variable, peut, dans 5 % des cas, d’après LARDENNOIS, manquer

RAR À: PCA ee ' € # complètement. Cette absence est due, soit à un arrachement du bassinet, de l’uretère, ou à l’oblitération de ce conduit par un caillot.

b) Le moment d'apparition de l’hématurie est également variable. Elle n’est pas toujours immédiate, Dans les 2 cas de BAcHy, et dans nos observations 2 et 3, l’hématurie ne s’est révélée que plus de 19 heures après l'accident. Rappelons aussi que, souvent, le blessé n’urine Pas spontanément (quoique dans nos 3 cas, nous n’ayons pas eu besoin de recourir au cathétérisme), et répétons la règle classique que tout traumatisme de l’abdomen qui n’urine pas, doit être sondé pour permettre de déceler une atteinte rénale.

Néanmoins, la première urine peut être claire. Dans les 130 cas de LARDENNOIS, 18 fois l’hématurie n’apparut que quelques heures, voire quelques jours, après l’accident. :

Il n’en reste pas moins vrai que l’hématurie, quel que soit son moment d'apparition, et son importance, est un signe de certitude de lésion rénale, dont l’hématome lombaire va pouvoir permettre de mesurer le degré.

. L'HÉMATOME LOMBAIRE

a) Moment d'apparition : Par rapport à l’hématurie, ce symptôme est d'apparition plus tardive. Il faut, d’après LARDENNOIS, 12 heures pour qu’il se constitue. C’est pourquoi il n’a pas pu être mis en évidence dans notre observation 1, où le blessé a été opéré 3 heures après son accident. Dans notre observation 2, au coutraire, où l’examen n’a été pratiqué que 20 heures après l'accident, l’hématome lombaire étäit très net. Enfin, dans notre cas 3, à la 16° heure, il n’y avait encore aucun signe clinique d’hématome périrénal. Dans ce dernier ças, l’hématome s’est également révélé peu abondant à

qe None

l'opération. I1 apparaît donc tardivement, et n’est cliniquement perceptible que s’il est d’une certaine importance. x

b) Il se traduit cliniquement par une tuméfaction remplissant la fosse lombaire, parfois visible dès l’inspection ; au palper bi-manuel, on a l’impression d’une résistance diffuse à contact lombaire. Mais la contrac-: ture qui accompagne en général les hématomes pendant qu'ils se développent, rend difficile de se faire une idée de la forme exacte et des limites de cet épanchement sanguin. Rappelons à ce propos que, d’après TONDEUR, l’évolution de Fhématome s'accompagne d’une vive douleur du flanc gauche et d’un « ventre de bois ».

c) Il entraine une sanction thérapeutique. L'indication opératoire ne se posera pas de la même façon dans le cas d’une contusion rénale isolée, et dans le cas d’une rupture associée.

Dans la première éverdudlité, ce n’est que l’accroissement progressif de l’hématome qui arme le chirurgien, l’observation pouvant se prolonger pendant des heures et même quelques jours.

C’est ainsi que notre cas 2 a été opéré à la 22° heure, parce qu’il présentait tous les symptômes d’un hématome périrénal, s’accroissant rapidement, et c’est uniquement sur ce diagnostic que l'intervention a été décidée, les symptômes abdominaux étant beaucoup moins nets.

Dans la seconde éventualité, c’est le danger de l’hémorragie interne qui fait hâter l’intervention, même en l'absence d’hématome périrénal. Notre cas 3 en fournit un exemple ; la contusion rénale était certaine, mais l’absence d’hématome eut autorisé l’expectative du point de vue rénal ; néanmoins, les signes d’hémorragie interne, s’aggravant d’heure en heure, provoquèrent la décision opératoire.

L'hématome périrénal est done un excellent signe de

RU L'ANPENEe

contusion rénale. Son accroissement progressif peut, à Jui seul, conduire à l’intervention, Mais c’est un signe tardif, et bien souvent, les signes, abdominaux auront déterminé la décision opératoire avant qu’il ne se soit manifesté, et, de plus, c’est un signe inconstant, dont l’absence ne peut faire exclure l'éventualité d’une hémorragie périrénale discrète. - . |

De l'étude de la symptomatologie des ruptures associées de la rate et du rein gauche, nous pouvons donc conclure que :

si des symptômes initiaux de shock, consécutifs à un traumatisme très considérable de la région du flanc gauche, doivent y faire penser,

* les symptômes apparaissant ultérieurement permettent

d’une part, d'orienter le diagnostic vers une rupture splénique, en révélant l'existence d’une hémorragie intra- péritonéale,

d’autre part, d'affirmer avec certitude l'existence d’une contusion rénale et, dans certains cas, d’en mesurer l’importance.

Tout l'intérêt” de la symptomatologie réside dans l’indication opératoire qu’elle entraîne, et qui, seule, permet de sauver un nombre sans cesse croissant de cës blessés qui, non opérés à temps, sont voués à une mort certaine et rapide.

Page 1