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environ, alors que chez les chiens elle est normalement de 15 centimètres. De plus, il a constaté que la partie la plus faible de l’aorte du chien est la sigmoïde postérieure : or, pendant l'effort, c'est à cet endroit que se rompait l'aorte.
De son côté, Potain a trouvé qu’à une pression de 30 centimètres de mercure les sigmoïdes cèdent ; mais il a fait remarquer que, dans les cas de lésions de l’aorte, c’est cette artère qui se rompt. L’effort est donc une cause très efficace des ruptures de l'aorte.
D’autres théories, plus ingénieuses les unes que les autres, ont voulu expliquer les ruptures de l'aorte, surtout dans les cas de traumatisme ou plutôt de compression thoracique. Broca à prétendu que, lorsque le cœur est pressé d'avant en arrière entre la paroi thoracique et la colonne vertébrale, il a une grande tendance à fuir en bas «comme un noyau de cerise pressé entre les doigts ». Mais dans ce mouvement, ilessaie d'entraîner l’aorte avec lui, et celleci ne pouvant le suivre, vu la fixité de ses attaches en haut, résiste et se rompt en travers.
Gaujot n’a pas donné la même explication. D'après lui, au moment de cette forte compression, l'aorte fixe et distendue par le ‘sang, l'aorte, dont la réplétion est encore rendue plus complète par la précipitation des mouvements du cœur au moment de laccident, transmet le choc à ses parois, et celles-ci, trop faibles pour y résister, cèdentet se rompent, Au surplus, certaines dispositions anatomi-
ques que présente l'aorte, près des sigmoïdes et en arrière, peuvent, jusqu’à un certain point, motiver le siège de la rupture, à l’origine du vaisseau d’une partet, d'autre part, à la face postérieure plutôt qu’à l’antérieure, car on sait qu’à son origine, au-dessus du ventricule, les parois de l'aorte sont un peu moins épaisses que plus haut, qu’enfin la paroi postérieure est beaucoup plus mince que l’antérieure ; en arrière, au niveau des sigmoïdes contre l'oreillette, elle serait même presque transparente, d’après Gaujot.
Pour expliquer les déchirures transversales, Rindfleish a proposé, de son côté, une théorie séduisante. Pour lui, comme pour nous d’ailleurs, il faut une altération aortique préexistante ; mais la cause mécanique serait celle-ci : l'artère pulmonaire est immobile par suite de ses rapports avec le hile ; d'autre part la crosse aortique est constamment propulsée en haut. Si les forces qui interviennent sont suffisantes et les tuniques aortiques assez faibles, l'aorte devra se déchirer au niveau de ses attaches avec l'artère pulmonaire. Les deux tuniques internes se déchirent et le péricarde viscéral est détaché de l’origine de l’aorte ; l’anévrysme disséquant est constitué. Mais si la poche sanguine ainsi formée se rompt, il en résulte une hémorragie. Cette théorie paraît justifiée dans les cas de déchirure circulaire ou transversale ; mais ce ne sont pas les plus fréquentes.
Quand la rupture se fait par suite d’une commotion, d’une chute, le mécanisme en est plus difficile à
expliquer. Gaujot, pour comprendre la production de cette lésion, cas de Bailly, rupture de laorte et du péricarde, et saillie à travers cet orifice du cœur venant se loger dans la plèvre gauche), a recours au mécanisme indiqué par Gosselin pour les déchirures du poumon, dans les cas de contusion violente du thorax: or, celui-ci pense que le poumon, pressé par l’affaissement du thorax, sous Finfluence d’une violence extérieure, tend à fuir ; mais que l'air, étant retenu dans les vésicules par les contractions de la glotte, comme il arrive dans l’effort, le tissu pulmonaire, devenu assez consistant, résiste d’abord, puis se déchire au lieu de s’affaisser. Les mêmes phénomènes se passeraient dans l'aorte.
Dans d’autres observations, on a incriminé le tiraillement, l'extension forcée de l'aorte (Broca) comme dans le cas de Rollet(obs. VIT), où un homme ayant reçu dans le dos un coup de timon de voiture, son Corps fut violemment courbé en arrière, une vertèbre lombaire fut luxée et l'aorte se rompit. Mais dans ces cas, on pourrait aussi ineriminer l'effort contractant les muscles abdominaux.
Toutes ces explications sont excellentes pour la plupart des faits; elles sont parfois insuffisantes, et notamment dans les cas de ruptures de l'aorte au niveau de la crosse, dans sa portion descendante et dans l'abdomen. |
Sans doute on peut supposer que dans l'effort, par la pression des muscles droits et des autres mus-
cles abdominaux, le cœur doil remonter, rendant
Or =
ainsi obtus l'angle de l'aorte, le déplaçant par conséquent et en faisant un lieu de moindre résistance ; sans doûte aussi, on peut expliquer la rupture traw matique de l’aorte en un point quelconque de son trajet soit par l'effort tel que nous l’avons expliqué, soitencore par la résistance du courant sanguin dans le vaisseau au moment de la chute ou du traumatisme, de la même façon qu'on amène la rupture d'un tube élastique rempli de liquide, lorsqu'on exerce, en un de ses points, une pression brusque et violente... Mais ce ne sont pas des explications pleinement satisfaisantes : la physiologie peut en fournir de meilleures. |
On sait en effet depuis les expériences de Legallois que la destruction de la moelle entrave les mouvements du cœur et qu’au contraire l’excitation de la moelle augmente leur énergie. Comme la moelle n’est en rapport avec le cœur que par l'intermédiaire du grand sympathique, on arriverait au même résultat en agissant directement sur le grand sympathique : d’où il ressort que toute excitation du grand sympathique ou de la moelle accroît l'énergie cardiaque. D'autre part, Claude Bernard a montré que la galvanisation du grand sympathique diminue le calibre des vaisseaux et augmente la tension sanguine, et c’est aux mêmes conclusions que sont arrivés Chossat et Massé, dans leurs expériences.
Nous voici donc revenu à la théorie de l'hypertension artérielle que nous avons expliquée plus haut, à la théorie qui veut que la rupture se pro-
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duise quand le cœur, hypertrophié souvent, envoie, trop brusquement et sous une tension augmentée, une trop grande quantité de sang dans une aorte affaiblie, à la théorie qui fait enfin du sang en hypertension l'agent effectif de toute rupture de l'aorte.
En vérité, c’est l’explication qui nous paraît la plus séduisante et, sans faire complètement abstraction des autres mécanismes que nous avons énumérés, nous croyons que l’on peut ainsi expliquer la plupart des cas de rupture de l’aorte : « Parois artérielles malades, hypertension subite survenant chez un individu à système artériel hypertendu — rupture. »