‹ Ruptures de l'aorteChapitre 9 sur 39 · DO · texte numérisé non relu

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épaisseur et un anévrysme disséquant est alors constitué.

Il ne faudrait d’ailleurs pas croire que ce sont les aortes les plus malades qui forment le plus volontiers des anévrysmes disséquants.

Gallavardin a montré que ce sont celles qui présentent une zone décollable assez étendue.

On trouve aussi, à l’origine des ruptures de l’aorte, des dégénérescences graisseuses ou hyalines, des noyaux cancéreux, des ganglions caséeux ; les ruptures, produites dans ces conditions, ne diffèrent point de celles que nous venons de décrire. De même les rétrécissements congénitaux ou acquis de l’aorte que l’on rencontre quelquefois, exposent singulièrement ce vaisseau à la rupture surtout dans les cas où la pression du sang, où le travail du cœur sont augmentés. Enfin, on a observé l’hypertrophie du cœur : nous en comprendrons bientôt l’importance.

Aïnsi sont expliquées tout naturellement les ruptures de l’aorte dites spontanées.

Dans nombre d'observations, on le sait, il n’est fait aucune mention de causes directes. Cependant, dans la plupart des cas, la rupture est survenue au cours d’une conversation animée, d’une discussion, d’une rixe, d’une colère, d’un éclat de rire, d’un accouchement, en un mot, d’un effort.

Nous avons vu d'autre part que l'effort donne un travail plus considérable au cœur et amène l’hypertension artérielle, suivant la théorie de M. Huchard. Broca avait déjà dit en 1850 que leffort agit dou-

blement sur laorte thoracique. En premier lieu, l’action des muscles abdominaux comprime l'aorte lombaire et gène le passage du sang ; au lieu de se disséminer dans une grande étendue, le coup de piston du cœur ne dilate plus que le système aortique supérieur, ce qui accroît la pression intérieure ; en deuxième lieu, le cœur réagit contre cet obstacle et ses contractions deviennent plus violentes pendant quelques instants; et si le cœur est hypertrophié, si la masse du sang qu’il envoie est encore augmentée, on comprend combien l'aorte, surtout si elle est déjà lésée, aura de la peine à résister au choc du courant sanguin.

Bien avant Broca, en 1827, Trousseau et Leblanc, dans leurs recherches sur les maladies des vaisseaux, faites à Montfaucon, cilent deux cas de rupture de l’aorte sur des chevaux, chez qui ils provoquèrent de violents efforts au moment de les abattre : chez l’un des chevaux, la rupture eut lieu à un pouce au-dessus de l’origine de l’aorte ; chez l’autre, elle se produisit au niveau de la portion abdominale, et voici ce qu’en dirent ces auteurs : «Les ruptures tiennent-elles aux mouvements violents d'extension ou bien à l’impulsion subitement accrue du sang artériel ?..., nous laisserons à d’autres le soin de chercher et de trouver l'explication. »

Tout récemment, Marey a repris ces expériences sur des chiens. Il a observé, pendant l'effort, des augmentations de pression de 16 à 18 centimètres de mercure, ce qui porte la pression à 30 centimètres

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