‹ Ruptures de l'aorteChapitre 12 sur 39 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Avec un cortège de symptômes dont la discordance s'ajoute à la variété et à la multiplicité, on conçoit combien un diagnostic sera difficile dans une crise souvent subite et toujours dépourvue de signes caractéristiques, qu'elle évolue rapidement ou procède par étapes progressives.

Est-ce un cas foudroyant ? On ne songera guère à une hémorragie cérébrale qui ne tue pas aussi brusquement ; l'hémorragie bulbaire remplit mieux cette condition.

La syncope produite par d’autres causes et notamment dans le cours d’affections cardiaques, telle qu'une asystolie aiguë, laissera parfois un doute.

Plus facile encore est la confusion avec une rupture du cœur ou une rupture du diaphragme. Dans la première hypothèse, le siège de la douleur initiale est le même que dans les déchirures de l'aorte ascendante, les phénomènes objectifs et subjectifs sont de tous points semblables. Mais le cœur qui se rompt a été depuis lomgtemps atteint dans sa nutrition ou sous le coup de myocardite infectieuse, de dégénérescence graisseuse. Et ces divers états mor-

bides ne sont pas sans donner lieu à des phénoménes anormaux dans le jeu cardiaque faisant ainsi contraste avec les lésions athéromateuses ou spécifiques de l'aorte qui souvent sont silencieuses jusqu’à la terrible catastrophe.

Dans la seconde éventualité, celle d’un diaphragme qui se rompt, nous avons un accident extrêmement rare. De plus, à côté de signes communs à la rupture de l’aorte thoracique et de l'aorte abdominale, il présente, pouvant aider leur diagnostic, une dilatation du thorax avec aplatissement de l'abdomen, des vomissements beaucoup plus violents, etsurtout des phénomènes dyspnéiques prédominant sur les troubles circulatoires. ;

Sommes-nous maintenant en présence d’un de ces cas où, après une attaque subite, les symptômes vont en progressant assez lentement, où dans ceux marqués par une rémission de quelque durée ?

Nous aurons pour établir notre diagnostic quelques signes physiques fournis par l’examen du cœur. L'observateur pourra suivre l’extension graduelle de la zone de matité précordiale déterminée par l’ampliation péricardique. Mais que de causes d’erreurs encore dans ces douleurs précordiales, thoraciques ou abdominales, dans cette dyspnée progréssive, dans ces troubles du rythme cardiaque ou dans cetle accalmie.

Suivani les cas la douleur sera attribuée à un rhumatisme musculaire des épaules et des bras, à une

Martin 3

névralgie inter GUESS à un lumbago, à une AE de la colonne. | Le

Les troubles respiratoires, laryngés, œsophagiens, seront mis sur le compte de la bronchite chronique, de l’emphysème, d'une ‘tubéreulose, d'un asthme, d’un œsophagisme nerveux. Wrres

Quelqués afféctions, quelques accidents dont les signes sont a$séz nets, doivent cependant être rappelés, car, däns certaines autre d'évolution l'erreur est possible. We

C’est un bieunothorax de toute la cavité pleurale, mais dont la dyspnée a d’émblée une intensité qui ne ressemble pas à cette dyspnée d’abord modérée, consécutive à la rupture des tuniques internes de l'aorte et'à leur infiltration par le sang. La présence des autres symptômes propres au pneumothorax trancherait d’ailleurs la question.

C’est aussi là possibilité d’une affection abdominale relevant de l'estomac ou de l'intestin, du rein, du foie ou de l'utérus. | |

Enfin de toutes les éventualités que nous venons de passer en revue, nulle n’est aussi fréquente et ne prête mieux à l'erreur que l’angine de poitrine.

Le syndrome de cette affection, quand il est complet, est suflisamment caractérisé par la douleur rétro-sternale, par l'intégrité à peu près complète des mouvements respiratoires, par ses irradiations dans l'épaule et dans le bras gauche, par l'absence presque constante de modifications du pouls ou de la contraction cardiaque, pour que toute hésitation

soit impossible ; mais à côté des cas typiques d’angine de poitrine combien de formes mixtes ou bâtardes pourront rendre le diagnostic non seulement irès délicat, mais souvent extrêmement difficile.

Dans les accès subits et mortels, l’autopsie seule pourra lever tous les doutes et dans les cas plus heureux, pour assurer le diagnostic, nous devrons prendre en considération l’âge, le sexe du malade, les phénomènes prémonitoires de l’accès, ses caractères, son évolution, les conditions étiologiques dans lesquelles il s’est développé, enfin l’état de santé et les habitudes des malades dans l'intervalle des crises.

Page 1