‹ Ruptures de l'aorteChapitre 6 sur 39 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Morgagni considérait déjà, comme condition indispensable pour expliquer la rupture de l'aorte, des lésions préalables des tuniques de l'artère. C'est aussi l’avis de Broca, de Chauvel, de Bobo et plus récemment d'Achard et Paisseau. Aujourd’hui, grâce à la microscopie perfectionnée, on saisit sur le fait et à leur début les lésions qu'on ne pouvait que soupçonner autrefois. Aussi convient-il d'accepter avec les plus grandes réserves les cas dans lesquels les parois de l'artère sont dites saines : cas de Samet (obs. IX), de Fauvel, d’Arnozan, de Parkers, de Léger. Il y avait peut-être d’ailleurs, chez ces malades une lésion des faisceaux musculaires transversaux de l'aorte, qui au cours d’un effort avait pu amener la déchirure.

Comme l’a dit Bobo, de la simple ébauche de lésion endartérique au processus ultime, l'athérome, s'étend l'échelle des causes morbides plus ou moins tangibles, plus ou moins graves qui font, des points qu'elles attaquent, des loci minoris resistentiæ, pouvant, à un moment donné et sous l'influence de cir: constances diverses, notamment de l'augmentation

de la pression sanguine, donner issue au sang en se déchirant sur une étendue plus ou moins considérable.

Les lésions le plus souvent constatées sont des lésions d'endartérite chronique avec foyers athéromateux, pustules athéromateuses, ulcérations, plaques calcaires ou plaques cartilagineuses.

L’endartérite s’accompagnant, en règle générale, de périartérite et de mésartérite, il en résulte pour l’artère des conséquences importantes :

La tunique externe est épaissie, de nombreuses cellules se montrent entre les faisceaux conjonctifs, la tunique moyenne disparaît sur quelques points ; alors tuniques interne et externe enflammées chroniquement l’une et l’autre se soudent, se confondent, n'offrant alors qu’une très faible résistance à l’ondée sanguine.

La déchirure ne siège pas toujours sur les lésions athéromateuses, et l'absence de lésions macroscopiques en ce point est formellement indiquée dans une vingtaine d'observations : Achard (obs. XXX), Martin-Durr (obs. XX), Nitot (obs. XVI), Tolot et Sarvonat (obs. XXIX), Thiercelin (obs. XXVI). Ce fait

que nous étudierons plus longuement à propos du

mécanisme est à rapprocher de ce qui se passe dans les ruptures de lurètre qui, comme on le sait, ne se rompt jamais sur un rétrécissement, mais à côté de lui.

Dans d’autres cas, on a signalé des signes de dégé-

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