‹ Ruptures spontanées des ArtèresChapitre 14 sur 26 · QE · texte numérisé non relu

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riques dépend à la fois du volume et par conséquent de l'importance de l'artère, ainsi que de l’altération plus ou moins grave de ses tuniques. Lorsqu'il s'agit de ruptures des troncs principaux des membres, le pronostic est toujours d’une extrême gravité, mais les cas publiés jusqu'ici (obs. IT, IIT,XXV, XXIX,XLIIT, XLIV) ne sont pas assez nombreux pour nous permettre d'établir un pronostic ferme. Qu'il nous suffise pour l'instant de dire que dans le cas de Turner le malade est mort de tout autre chose que de sa rupture,que dans les cas de MM. Walther et Vanverts il y eut une survie d'un mois environ et que dans celui de M. Morestin l'intervention n’eut lieu pour ainsi dire qu'in extremis.Il y a heu d'espérer que,grâce aux progrès incessants de la chirurgie artérielle et à une intervention plus précoce le pronostic sera moins sombre à l'avenir.

Sur la recommandation de notre distingué maître, M. 1 professeur Roger, M. le professeur Cadiot, de l'Ecole d’Alfort, nous a fait le plus gracieux accueil et a eu l’extrême amabilité de nous fournir des renseignements précis sur les ruptures spontanées des artères dans l'espèce animale. Il a d’ailleurs mis à notre disposition plusieurs ouvrages de médecine et de chirurgie vétérinaires, dans lesquels nous avons pu étudier comparativement la question.

. Nous avons pu ainsi constater qu'il existe des lésions athéromateuses chez les animaux.

Contrairement à ce qui se passe chez l'homme, où l’athérome est rare ou plutôt n'existe pas sur l'artère pulmonaire, ici nous en trouvons des exemples avérés,

Néanmoins, c'est sur la première portion de l'aorte

NAT (aorte primitive) que ces lésions ont leur siège de prédilection.

Comme chez l’homme, c’est en ces points athéromasiés que nous allons voir se produire les ruptures artérielles.

Les symptômes sont identiques, ce sont ceux des grandes hémorragies internes avec mort subite.

Jusqu'ici, on n’a pas encore observé de ruptures spontanées des artères périphériques chez l'animal,

« Chez les animaux (1), dans la très grande majorité des cas, on a constaté au niveau de la déchirure des altérations des parois vasculaires (endartérite chronique,

‘artério-sclérose ou dégénérescence athéromateuse) ; quelques faits établissent la possibilité de la rupture de vaisseaux, dont les parois n’offrent aucune lésion dégénérative.

« Quand 1l s’agit d’une artère superficielle, il se forme subitement une tumeur diffuse, chaude, irrégulière, animée de battements, comme les anévrysmes vrais, moins forts toutefois qu’à ceux-c1; il est rare d'y percevoir un bruit de souffle.

« Cet épanchement sanguin, appelé anévrysme diffus primitif, anévrysme faux, n’est point en somme un anévrysme. La dénomination d’hématome anévrysmal diffus, proposée par Michaux, est préférable.

« Les grosses artères des cavités thoracique et abdominale se rupturent plus fréquemment que les vaisseaux superficiels. Parfois c'est l’artère pulmonaire (Hering, Hartmann et Prietsch).

« À l’autopsie d’un chien mort subitement, nous avons

(1) Extrait du Traité de thérapeutique chirurgicale des animaux domestiques, par P. J. Cavior et J. Army, professeurs à l’ École d'Alfort, t, I,

trouvé une distension considérable du péricarde par du sang extravasé à la faveur de deux petites déchirures situées sur la face droite de l'artère pulmonaire. Dans la zone où existaient ces déchirures, l'artère était d’une extrême minceur et présentait plusieurs petits points athéromateux. Mais l'aorte est sans contredit celle qui en offre le plus d'exemples. Larcher en a colligé douze observations dans un rapport à la Société centrale de médecine vétérinaire (1876). Dans toutes, la déchirure s'était produite à la base de l'aorte primitive en un point où le vaisseau est encore recouvert par le feuillet viscéral du péricarde ; cette séreuse renfermait une notable quantité de sang parfois liquide, généralement coagulé. Dans 5 cas, le tissu du vaisseau était frappé d’athérome, dans 2 on n'y constata aucune altération appréciable, dans les 5 autres il n'était pas fait mention de son état.

«Si en général le diagnostie n’est établi qu’à l’autopsie, l'accident peut être présumé, en tenant compte des circonstances dans lesquelles il se produit et des signes qui l'expriment. Les symptômes sont ceux des grandes hémorragies internes. Dans un cas le cheval étendu sur un lit d'opérations fait une grande inspiration, les yeux tournent dans l'orbite, les muqueuses se décolorent, la respiration et les mouvements du cœur s'arrêtent (Larcher). Dans deux faits que nous avons recueillis, la rupture s’est produite sur des chevaux qui venaient d'être couchés sur le lit de paille et se débattaient violemment, L’aorte peut se déchirer en un point plus éloigné du cœur.

« La rupture de l'artère pulmonaire, de l'aorte primitive ôu de l’une de ses divisions tue ordinairement en

quelques minutes ; toute tentative d'intervention est vaine. »

Obs. IV.— Rupture de l'artère pulmonaire (Extrait des Etudes de pathologie et de clinique de M. P. J. Capior, 1899). — Setter, irlandais, deux ans, acheté à l’âge de cinq semaines. Atteint à dix mois de la maladie du jeune âge qui a été grave. Il est complètement rétabli et son état de santé était bon.

Le 2 mars 1895, vers trois heures de l'après-midi, il jouait avec un autre chien, devant l'habitation de son maître, lorsque tout à coup il se mit à courir comme affolé; il fit plusieurs bonds et s’affaissa, il était mort. On crut à un empoisonnement. On apporta le cadavre à l'Ecole.

Autopsie. — Pâleur extrême des muqueuses. L’incision du péricarde donne écoulement à un peu de sang rouge. Un épais

caillot y est contenu, moulé sur le cœur. Le feuillet viscéral

présente au niveau de l’origine des troncs artériels une déchirure longue d’un centimètre.

La face externe de l’artère pulmonaire est recouverte d’un épais caillot sanguin. Celui-ci enlevé, on constate à un centimètre de la base du cœur, sur la face droite du vaisseau, deux déchirures transversales, l’une mesurant 5 à 6 millimètres de longueur, l’autre 3 à 4 millimètres. Au niveau de ces déchirures, l'artère est d’une extrême minceur; on ÿ remarque plusieurs points athéromateux.

Mort par syncope cardiaque. .

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