DIAGNOSTIC
La rupture spontanée de l'aorte étant une cause de mort subite, on pourra d'abord la confondre avec la rupture du cœur. Cliniquement le diagnostic est à peu près impossible. En effet, dans la rupture du cœur, le malade ressent brusquement une douleur extrême à la région précordiale, il tombe en poussant un cri, devient très pâle et meurt sans avoir repris connaissance: c'est la forme foudroyante (Péter).
Dans une autre série de faits,à marche rapide, mais non foudroyante,le malade après la rupture est pris d'angoisse précordiale vive, avec irradiations dans le cou et les membres supérieurs. La face pâlit, les extrémités se refroïdissent, les battements du cœur sont irréguliers et tumultueux, le pouls est petit, à peine perceptible. Cet état peut persister ainsi durant plusieurs heures et le malade succombe dans une syncope ou le collapsus avec algidité.
C'est la mort rapide de nos ruptures spontanées de l'aorte.
Enfin dans un troisième groupe de faits la rupture du cœur paraît se faire en plusieurs temps : les phénomènes sont d'abord les mêmes que ceux de la forme précédente, puis, après une période d’accalmie plus ou moins longue, ils réapparaissent en parüe et enfin après une survie de 5 à 6 Jours, la mort survient.
C'est la forme lente de nos ruptures de l'aorte.
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Toutefois, si des symptômes de myocardite chronique avaient élé constatés auparavant, on devrait plutôt penser à une rupture du cœur. VFrÈ
Il en est à peu près de même du diagnostic différentiel de la rupture spontanée aortique et de l’angine de poitrine mortelle. Cependant celle-ci aura pu être précédée d'’autres accès angineux qui éveilleront l'attention.
On ne pourra confondre la rupture spontanée aorlique qu'avec un anévrysme rompu danse péricarde. Si les symptômes physiques n'ont pas été notés auparavant (extension de la matité aortique, double souffle), il est difficile avec les seuls symptômes fonctionnels de faire le diagnostic des deux variétés de ruptures.
Les ruptures valvulaires seront plus difficilement confondues. En effet, si les symptômes fonctionnels se ressemblent : douleur pongitive, angoissante, partant de la région précordiale, préaortique pour s'irradier vers le cou et le membre supérieur gauche, dyspnée des plus vives, battements tumultueux, tendance aux lipothymies et aux syncopes, pouls petit et irrégulier, avec peau “froide et sueurs visqueuses, il est des signes physiques qui ne sauraient prêter à confusion, ce sont les souffles sonores, musicaux, entendus par le malade lui-même. De plus, il n’est pas rare de constater un frémissement cataire dû à la vibration d'un cordage tendineux ou d’un lambeau valvulaire.
On pourrait encore rapprocher de la forme foudroyante des ruptures aortiques la mort par embolie pulmonaire.
En effet comme dans celle-là le malade est pris subile-
ment d’une suffocalion violente, d'une angoisse précor- Michaut 4
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diale extrême, il laisse échapper un sanglot, crie parfois : «J'étouffe, je meurs », pàlit, tombe à terre et meurt en quelques secondes.
I faudrait alors faire le diagnostic de toutes les variétés de mort subite, ce qui nous entraînerait bien loin de notre sujet.
Bref, c'est plutôt un diagnostic anatomique qu'un dia-
gnoslic clinique.
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Dingnostic des ruptures spontanées des artères périphériques.
S1 le diagnostic est toujours difficile dans les cas de ruptures aortiques, il est le plus souvent évident dans les ruptures des artères périphériques.
Sans doute, lorsque la rupture artérielle a donné lieu à un anévrysme diffus typique, présentant des battements, des mouvements d'expansion, des bruits de souffle (cas de MM. Walther et Morestin), on peut conclure avec cerlitude à l'existence d’une rupture artérielle ouverte dans l'épanchement sanguin. Fe
Que ces symplômes soient peu nets ou disparaissent, on se trouvera alors en présence d’une tumeur dure, tendue, que l’on pourra confondre avec toute Lumeur pouvant occuper la même région : kyste, lipome, adénite, phlegmon, elc. ; mais ces affections n’ont pas la brusquerie de début de la rupture, elles s'installent peu à peu et ne donneront pas lieu par exemple à la disparition ou à l'affaiblissement du pouls dans les artères situées au-dessous de la tumeur.
D’après J.-L. Petit, le diagnostic difficile, ce serait Je diagnostic différentiel de l’anévrysme diffus et de l’ané-
vrysme vrai. Mais celui-ci se forme lentement, ses progrès sont imperceplibles, tandis que l’anévrysme par épanchement se forme subitement, augmente rapidement, à proportion de la quantité de sang qui s'échappe du vaisseau à chaque systole et de la vitesse avec laquelle il sort par l'ouverture artérielle. 7
Dans l'anévrysme vrai, la tumeur est molle; dans l’'épanchement par rupture artérielle, elle est dure ; de plus elle est égale et circonserite dans le premier cas, : irrégulière et diffuse dans le second. Dans l’anévrysme vrai, il n'y a à aucun moment de changement de coloration des téguments, il peut ne pas en être de même dans l’autre cas.
Le thrill qu'on sent ordinairement dans l’anévrysme vrai est à peine perceptible dans l'anévrysme faux; le souffle n’est pas non plus aussi vibrant.
Il y a encore les sarcomes télangieclasiques qui peuvent être parfois difficiles à éliminer. Mais là encore ce n'est pas le début brusque des ruptures artérielles ; de plus ils ont d'abord été immobiles et font corps avec l'os.