‹ Ruptures spontanées des ArtèresChapitre 17 sur 26 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Le traitement des ruptures spontanées des artères comprend : la ligature en amont de la rupture ou bien la suture du point rompu.

Technique de la ligature.— On prend, après asepsie de la région, les points de repère de l’artère à lier, on trace la ligne d'incision, on cherche le nerf, tendon ou muscle qui doit servir à la découverte de l'artère, on dénude celle-ci, puis on passe un fil de soie et on fait la ligature. Celle-ci doit toujours être serrée.

Technique de la suture de l'artère au point rompu. — Elle exige des précautions antiseptiques minutieuses, une hémostase complète. A partir de l'extrémité du membre, on enroule la bande d’Esmarch, en ayant soin de ne pas trop recouvrir chaque tour de bande, de façon à pouvoir la dérouler facilement. Ceci fait, on applique à la racine du membré le tube d'Esmarch, puis on enlève la bande. On incise les plans superficiels. On débarrasse la plaie des caillots dus à l'hématome péri-artériel ; puis, saisissant la paroi artérielle à l’aide d'une pince qui respecte la tunique interne, on fait des points de suture séparés, à 2 millimètres environ du bord de la plaie. La première ligne de suture comprenant toutes les tuniques artérielles, sauf l'adventice et la gaine celluleuse de l'artère, achevée, on place quelques points de suture sur l’'adventice et sur la gaîne de l'artère, puis on desserre le tube

d'Esmarch. La circulation se rétablit : si la ligne de suture suinte, une compression de deux minutes suffit pour arrêter tout écoulement, sinon on placera quelques points complémentaires. On refait les plans superficiels.

Si la rupture dépasse la demi-circonférence de l'artère, il faut avoir recours à la suture circulaire. On passe dans l’un des deux bouts de l'artère, en trois ou quatre points équidistants de la circonférence, des fils respectant autant que possible l’endothélium, puis on rapproche les deux extrémités de l'artère. On affronte ensuite à l’aide de points séparés les différents segments ainsi‘déterminés sur l’artère.

Quant à la greffe artérielle qui substitue à l'artère malade l’artère d'un membre amputé, elle n’a pas paru donner Jusqu'ici de résullats satisfaisants.

Bien qu'elle n'ait été tentée que deux fois chez l'homme, la greffe artério-veineuse semble devoir fournir de meilleurs résultats. Elle peut consister dans un simple rapiéçage de la perte de substance ou bien dans la substitution d'un segment d’une veine de même*calibre au segment artériel intéressé par la rupture.

La transplantation peut être incomplète ou complète.

La technique de la transplantation incomplète est due à Carrel et Guthrie.

Elle consiste dans la résection d'un segment d’artère après hémostase préventive. À la même hauteur, libéraon d'un segment correspondant de la veine satellite par section transversale, après ligature en amont et en aval. Le segment, sans être de longueur exagérée, ce qui entrafnerait la formation de coudures nuisibles à la circulation,

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doit être plus grand que l’espace à combler. Le corps du greffon conserve par sa gaîne toutes ses connexions avec les tissus voisins et garde ses collatérales. Suture des deux extrémités de la veine aux deux extrémités de l’artère coupée dont on a récliné l’adventice.

La transplantation complète nécessite la préparalion du greffon. On dénude une veine de calibre à peu près semblable à celui de l'artère. On pratique la ligature et la section de toutes les collatérales, on sectionne ensuite les deux extrémités,de façon à avoir un segmentsupérieur à celui de l'artère à remplacer. On le lave dans le sérum de Locke, puis on le laisse dans un flacon contenant ce liquide, on résèque l'artère, on fixe la greffe de façon à ce que les valvules soient orientées dans Le sens de la circulation. On le suture aux deux extrémités de l'artère, on l'enveloppe avec les tissus voisins pour mieux soutenir la greffe contre l'impulsion de la pression artérielle. Au moment où on laisse la circulation se rétablir, il semble que le segment veineux va se rompre ; il n’en est rien. La tumique interne s’épaissit et le greffon s'enrichit en fibres élastiques.

Le gros danger de la suture, la thrombose, guette la greffe artério-veineuse. Toutefois le perfectionnement de la technique et les résultats heureux de Goyanes et de Lexer permettent d'espérer que celle méthode de traitement, appliquée aux anévrysmes, pourra s'appliquer aux ruptures d'artères, tous deux relevant de la même cause, l’altération des fibres élastiques de la tunique moyenne.

Néanmoins, à l'heure actuelle, nous devons recourir encore à la ligature et à la suture artérielles, celle-ci au

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fur et à mesure des progrès de l’asepsie devant se substituer à la première, qui expose aux récidives de rupture,en augmentant Ja pression dans les vaisseaux, dont les parois sont altérées et friables. EE

Le traitement médical est un traitement d'attente. I] consiste dans les injections de sérum contre l’anémie et de morphine contre les douleurs, l'angoisse et la gêne respiratoire. |

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