‹ Ruptures spontanées des ArtèresChapitre 24 sur 26 · PS PRES · texte numérisé non relu

PS PRES

piliers. Pouls sous-unguéal léger. Double souffle crural. Foie et rate normaux.

L'examen de la coagulabilité du sang est fait par le D' Carrière, qui avait bien voulu procéder à l'examen médical du malade. Cette coagulabilité est normale,

On décide donc qu'il est inutile de faire, avant l'intervention, une injection de sérum anti-diphtérique et l’on se contente de faire ingérer 6 grammes de chlorure de calcium pendant 4 jours, en même temps qu’on administre deux lavements quotidiens renfermant 15 grammes de gélatine.

Le 4 octobre, je procède à l'intervention. La bande, puis le tube d'Esmarch étant mis en place, je pratique une longue incision médiane antérieure. Je sectionne l’aponévrose et je récline en dehors le long supinateur. Je coupe, après ligature, la veine médiane céphalique, puis je sectionne l'expansion aponévrotique du biceps. J'arrive alors sur une paroi peu distincte qui est évidemment la paroi de la poche. J'essaie de la décoller un peu ; mais elle est bientôt crevée. Elle renferme du sang liquide, rouge, mais pas de caillots noirs ni rouges ; sa paroi est tapissée par une couche peu épaisse de caïllots fibrineux.

Comme je n’aperçois pas d’orifices vasculaires, je fais desserrer le tube d'Esmarch; un jet artériel se produit, venant de la partie supéro-externe de la poche ; il s’agit de la radiale que je pince et que je lie au catgut. Le tube d'Esmarch étant supprimé, je constate qu'aucun autre jet artériel n'apparait. Je n’ai plus qu’à placer quelques catguts sur de petits vaisseaux qui donnent à peine.

Suture à la Lambotte, au crin, sur les muscles, Paponévrose et la peau. Drainage de la cavité, qui n’a pas pu être completement effacée.

Les douleurs ont disparu au réveil.

6 octobre. — Epistaxis et hémoptysie. Le pansement est changé ; le suintement est insignifiant. On supprime le drain.

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11.— De la suppuration existe au niveau de la plaie. On enlève les sutures.

27.— La cicatrisation est complète.Grâce à la mobilisation, les mouvements ont déjà une notable étendue.

Le malade quitte la maison de santé le 2 novembre, Il se soûle le même jour. À la suite de cet excès, il fait des troubles du côté du cœur et il meurt le 5 novembre dans une crise d’asystolie. .

Le point particulièrement intéressant concerne la cause de la rupture artérielle. Cette rupture s’est produite spontanément, sans traumatisme et sans effort violent. L’artère radiale ne présentait pas d’artério-sclérose accusée. *

Obs. XLV. — Rupture spontanée de l'aorte abdominale (Ro- CHARD et DEHELLY, Bull. Soc. Anat., octobre 1909). — Marie L., âgée de 32 ans, était entrée dans le service de M. Rochard pour des phénomènes aigus du petit bassin ; lorsque ces phénomènes se furent apaisés, une hystérectomie abdominale fut. décidée.

On fit une laparotomie médiane, et au moment où l’on ouvrait le péritoine, à peine une boutonnière d’un centimètre était-elle faite qu'un formidable jet de sang rouge venait nous couvrir le visage.

On ouvrit rapidement le péritoine et on vit alors que le sang venait de la portion terminale du mésentère. La pression avec la main sur l'aorte abdominale fit cesser l’hémorragie. On put alors, après avoir enlevé le sang qui remplissait la cavité abdominale, voir le mésentère rempli de caillots. On effondra le feuillet droit et on put apercevoir l’aorte déchirée assez bas ; la difficulté d’une ligature latérale nous apparut trop grande pour la tenter et on mit une pince au-dessus et au-dessous de la déchirure. À ce moment une syncope respiratoire nécessite la respiration artificielle. Les mouvements respiratoires Spontanés s'étant rétablis, on fit rapidement deux ligatures au catgut à la place des pinces, La paroi abdo-

minale fut refermée en un plan. La malade survécut 3 heures à cet accident.

A l’autopsie, on vérifia l'aorte qui se trouvait déchirée un peu au-dessus de sa bifurcation sur une longueur de 2 centimètres environ au niveau de la face antérieure. Le mésentère contenait des caillots récents, il n’y avait aucune poche anévrysmale.

Cette observation présente une double rareté. Il s’agit d’une rupture spontanée de l'aorte, survenue au cours d’une opération pour double salpingite suppurée,

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