PRÉFACE
sur les nihilistes russes, il m^a semblé intéressant de le clore par une étude sur les socialistes allemands. Ce chapitre a été publié dans une revue peu de jours après Tattentat de Nobilling sur la personne de Tempereuri depuis, le parti socialiste a marché et s'est de nouveau divisé en deux groupes extrêmes, — le groupe Marat et le groupe Robespierre. Le premier est'beaucoup plus fort et plus nombreux que le second qui a à sa tête Bebel et Liebknecht, deux agneaux timides et doux, comparés aux chefs du premier groupe, MM. Most et Hasselmann pour qui le meurtre et Tincendie sont le commencement de la sagesse révolutionnaire.
Si je me suis un peu étendu sur Lassalle, c'est qu'il est le père, le créateur du socialisme allemand. Avant lui, le parti n'existait pas. Sa main puissante en a rassemblé et réuni les éléments épars et confus ; elle en a fait une masse qui vit, qui s'agite, qui lutte et qui pousse ses flots hurlants jusqu'aux marches du trône.
Les deux études sur Y Education des femmes en Russie et les Universités russes sont extraites et traduites d'un livre qui a eu un certain retentissement l'année der-^ nière en Allemagne : Russland vor und nach dem Kriege (1), par l'auteur anonyme de la Société russe.
(t) La Russie avant et après la guerre*
PÏIÉFACE JCI
Allemand de naissance, Russe de nationalité. Il y a là des indications curieuses qu'on ne trouve ni dans les articles de M, Leroy-Beaulieu ni dans ceux de M. Rambaud, qui tous deux ont travaillé d'après des données officielles et n'ont pas vécu, comme l'écrivain russeallemand, les choses dont ils parlent.
Le chapitre sur l'armée russe est tiré du même livre, sauf le commencement que j'ai emprunté h l'ouvrage tout récent de M. Franz von Lceher (i).
Les renseignements si exacts et si précieux sur les rapports de la Nouvelle Allemagne et de la Nouvelle fiussie m'ont également été fournis par l'auteur de la Société russe et de la Russie avant et après la guerre, qui a publié comme appendice de ses précédentes études, un volume de documents diplomatiques
sous le titre de : Berlin et Saint-Pétersbourg (i).
Si le passé doit servir de leçon pour l'avenir, que d'avertissements dans ces quelques pages pleines de révélations sur cette chose noire et malpropre qui s'appelle la haute politique I C'en est fait heureusement de cette alliance des trois empereurs ; le Congrès de Berlin où M, de Bismarck a favorisé l'Autriche aux dépens de la Russie, lui a porté un coup mortel. L'alliance russe est en disponibilité.
(]} Rwilanài Werd9J^ und WolUn^ von Frans v. Lœher, 3 vqI. Munich, Ackermann, 1881.
(2) Preuaicke Beitrœge zur Geschichte der Russieh — Deuichen Beziehungên, — Leipiig, Duncker, 1880,
XII FRÉFAtlE
J'ai pensé qu'une, courte et rapide étude sur l'envahissement de la Russie par les Allemands était le complément nécessaire de ce chapitre qui aurait pu être incompréhensible pour ceux qui ne sont pas au courant des antipathies séculaires divisant les Slaves et les Allemands, antipathies justifiées par l'histoire et les événements actuels. A Saint-Pétersbourg, les Allemands ont leurs églises, leurs écoles, leur théâtre, leurs clubs, leurs brasseries, leurs journaux et même leur quartier. La plupart de leurs grands établissements de commerce se trouvent dans le Wassily- Ostrow, de l'autre côté de la Neva, en face du Palais d'hiver ; là s'élèvent les énormes bâtiments rouges de l'Université, de l'Académie, de l'École des Mines, delà Bourse. Les Allemands de la capitale donnent la main à tous les autres Allemands éparpillés dans Timmense Empire ; et tous confondent leurs intérêts dans une cause commune, hostile à la Russie.
L'étude sur la Décadence des mœurs est un résumé de la fameuse brochure du prince Ghtcherbatof.
La réponse à la question : Qu'est-ce que la Russie ? est encore tirée d'un ouvrage allemand tout récent : Russiche Literatur und, Cultur (1), par le professeur J. J. Honegger. La Russie y est jugée avec ce ton arrogant et cette morgue grossière qui caractérisent les représentants de la Cultur prussienne. On peut appli-
(1) Littérature et civilisation rustes, — Weber, édit. Leipzig, 1880.