‹ Russes et Prussiens, guerre de Sept ansChapitre 17 sur 122 · Kalnem · texte numérisé non relu

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plus à droite, destinés à contourner le bois, d'autres régiments des corps de Fermor et Brown, ceux de Sibérie, Nevski, Vologda, Ouglitch, 1'"'" grenadiers ou grenadiers lazykof. Elle avait en arrière-garde ou en réserve, sous Roumiantsof, ceux de Troïtsa, Voronèje, Novgorod, 4* grenadiers. Elle devait être couverte par une partie de la cavalerie : dragons Nijni-Novgorod , 3^ cuirassiers, cuirassiers Altesse-Inii^ériale, grenadiers à cheval Riga et Pétersbourg, kosaks Tcliougouïef, hussards Serbie et Hongrie.

La colonne de gauche comprenait les régiments d'infanterie 2"" grenadiers, Narva, Kief, 2"" Moscou, Vyborg, Ladoga, o"" grenadiei's, Pétersbourg, Kazan , Sclilûsselbourg, avec quelques escadrons de cavalerie.

Enfin, contournant le bois par son extrême gauche, devait marcher de Norkitten sur Sittenfelde le corps dit cVavantgaixUy commandé par Sibilski. Son infanterie était composée des régiments Pskof, Arkhangel, Biélozersk, Boutyrski, Apchéron 5 sa cavalerie comprenait les grenadiers à cheval Kargopol, Narva, Riazan, les Dontsy de Sérébriakof, les kosaks des Slobodes de Kapnist, le polk de campagne oukrainien, les Kalniouks du Volga.

Tout cela formait une armée d'environ 55 000 hommes \ dont 10 000 à 12 000 irréguliers, avec 150 à 200 canons, tant de batterie que régimentaires.

Lehvvaldt pouvait leur opposer 24 000 hommes, dont 50 escadrons d'une magnifique cavalerie, et 64 pièces de tout calibre .

Pour éviter que Tennemi ne tentât quelque surprise pendant la nuit du 29 au 30 août, Apraxine avait fait occuper une hauteur dominant le défilé de l'ouest par les grenadiers lazykof, les régiments Yologda, Sousdal, Ouglitch, et quelques pièces de gros calibre, formant mie batterie de position. A l'issue de l'autre défilé il posta le 2^ Moscou. Enfin Sibilski occupa les hauteurs de Sittenfelde avec les kosaks

1. Dans son rapport à Frédéric H, LeliwalcU prête àTenneml lOO 000 hommes et plus de lOO canons. — Du camp de Paterswalde, 1^^ septembre 1757, Poli" Usche Correspondenz, t. XVI, p. 33o et suiv.

de Sérébriakof et son avant-garde. Ponr surcroît de précaution, il avait anticipé sur les mouvements qui suivraient le réveil, et la presque totalité de ses forces étaient déjà sorties du bois et campaient au pied de ces hauteurs.

L'armée russe reposait ainsi sons les armes, toute prête pour la marche du lendemain. Soudain, vers trois ou qnatre heures du matin, Talarme fut donnée et dans tout le camp on battit la générale.

Juste en face de l'armée russe, en trois colonnes, par trois défilés du bois de Norkitten, débouchait toute l'armée prussienne. La colonne de gauche était très éloignée des deux autres et avait un grand détour à faire pour se porter sur Jsegersdorf. Elle se composait uniquement de cavalerie : hussards de Malachowski, dragons de Finckenstein, Platen, Plettenberg, Schorlemer. La colonne du centre était toute en infanterie : régiments de Kanitz, Below, Dohna, grenadiers de Polenz et de Manstein, régiment de garnison Manteuft'el. La colonne de droite, infanterie et cavalerie, s'avançait dans Tordre suivant : hussards noirs de Rùsch, régiments d'infanterie Kalnein, Lehv/aldt, grenadiers de Gohr, dragons du prince de Holstein, grenadiers Lossovv, régiment de garnison Sydow.

La colonne de cavalerie ne parut sur le champ de bataille qu'après les deux autres. Celles-ci étaient sorties du bois vers deux heures du matin, mais les lignes ne furent formées (|ue vers quatre heures. Alors l'armée prussienne présenta la disposition suivante : une première ligne d'infanterie, sous les ordres de Dohna, comprenait, de gauche à droite, les régiments Dohna, Below, Kanitz, Kalnein, Lehwaldt, Gohr, Lossow^. Cette ligne, la plus longue des deux, s'étendait de Ja3gersdorfà Daupelken, avec Uderballen sur son front. La seconde ligne d'infanterie, sous les ordres de Kalnein, coml^renait les grenadiers Polenz et Manstein, et les régiments de garnison Manteulfel et Sydow. Sur les lianes de l'infanterie prussienne évoluaient les escadrons.

A ce moment un brouillard couvrait la plaine entourée de

bois qui allait servir de champ de bataille. Les têtes des colonnes adverses se trouvaient à douze cents mètres les unes des autres; c'est-à-dire qu'on allait se canonner et se fusiller à la distance qui sépare notre grand Opéra des guichets du Louvre. On ne se voyait pas : seulement les Russes pouvaient entendre venir les Prussiens. — Lehwaldt, pour donner du cœur à ses hommes ou par point d'honneur, fit sonner les trompettes et battre les tambours en tête des régiments. Bolotof, qui était sur les hauteurs de Sittenfelde avec le régiment Arkhangel, déclare qu'il n'a rien vu et qu'il n'a pu comprendre comment les deux colonnes j)i*ussiennes les plus rapj)rochées de lui ont franchir les mille ou douze cents mètres qui les séparaient du bois occupé par les Russes.

L'armée d'Apraxine était bel et bien surprise. Il est évident qu'on n'avait rien fait pour s'éclairer à quelque distance ; il eût fallu avoir des patrouilles à la lisière et même à l'intérieur de ce bois d'où débouchaient les Prussiens. L'ordre adopté pour la marche était très défectueux pour le combat: chaque régiment s'allongeait dans les défilés étroits, encombré de son artillerie, même de ses bagages, tandis que ceux-ci auraient dû être rejetés à la queue des colonnes. Quand les sonneries prussiennes et les premiers coups de feu réveillèrent l'armée comme en sursaut, les Russes se trouvaient pêle-mêle, embarrassés dans les prolonges et les charrois. Il était presque impossible de se tirer des bagages et d'aller, à travers ce bois touffu et inextricable, se ranger en bataille à la lisière. Le moment d'angoisse qui saisit alors cette armée est bien rendu dans les Mémoires de Bolotof ' :

Alors, mon Dieu ! quelle confusion dans toute notre armée et dans les bagages ! Quels cris, quelles clameurs, quels galops de chevaux et quel désordre ! Ici on entendait le cri : « Par ici, par ici, Tartillerie ! » Là : « De la cavalerie ! envoyez-nous de la cavalerie au plus vite ! » Là encore : « Au diable les bagages ! arrière, arrière ! » Tout reten-

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