‹ Russes et Prussiens, guerre de Sept ansChapitre 32 sur 122 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

LA BATAILLE DE ZORNDORF (25 AOUT ITôS)

Fermor savait bien que le roi de Prusse était en marclie. Mais quelles forces amenait-il avec lui ? Les rapports variaient entre 40 000, 30 000, 18 000, 15 000 hommes. Quelle direction sviivait-il? On rignorait absolument. IjCiirince Sulkowski, un des « confidents » de Fermor, assurait que Frédéric marchait sur Posen, afin de se jeter sur les derrières de Tarmée russe. Une chose certaine, c'est qu'on ne j)Ouvait compter ni sur les Suédois, ni sur les Autrichiens. Les premiers ne faisaient rien pour tendre la main à Roumiantsof. Les seconds marchaient tranquillement vers la Lusace, quoique Daun sût parfaitement que l'ennemi commun venait de quitter son camp de Landshut et courait vers le Brandebourg à la rencontre des Russes. Il avait promis de ne pas le perdre de vue et, s'il se déplaçait, de le suivre pas à pas, sur ses talons. Quand Frédéric dessina son mouvement au nord, Daun n'en continua pas moins le sien dans la direction de l'ouest. Il ne cherchait pas à se jiorter au-devant des Russes : c'était là simplement une de ces marches-manœuvres où il mettait toute sa science et toute sa coquetterie. L'adversaire ne fut pas long à en profiter.

Frédéric II, malgré la défaite de Lehwaldt à Jœgersdorf, où ce feld-maréchal avait cependant ponctuellement suivi ses conseils de stratégie, persistait dans son injuste mépris pour Tarmée russe. Il s'obstinait à ignorer les réformes qui Tavaient fortiliée, et croyait toujours avoir affaire aux troupes du maréchal Munich'. Elles ne pouvaient manquer, à Tap-

1. Frédéric II omploîo encore cette expression, môme à propos do Zoriidorf, dfins son Histoire de la (jnerre de Sept ans.

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