‹ Russes et Prussiens, guerre de Sept ansChapitre 33 sur 122 · ZORNDORF · texte numérisé non relu

ZORNDORF

Plan III

NAKCY-BEROER- LEVRAULT & CV

proche d'un ennemi, de se former en un grand carré oblong, embarrassées de leur immense bagage, incapables de manœuvrer et même de se mouvoir, opposant des masses compactes à la mousqueterie et à la mitraille. Cette forteresse vivante et inerte, il sufTirait de l'ébranler d'abord par am feu violent d'artillerie ; puis on la disloquerait par des charges imj)étueuses de cavalerie ; les feux de salve et les baïonnettes de l'infanterie prussienne achèveraient la victoire. Au moment où il quittait la Silésie pour courir au-devant des Russes, il voulut interroger encore le vieux maréchal Keith, qui les avait commandés au temps d'Anna Ivanovna.

Qu'est-ce donc que ces troupes russes ? — Sire, ce sont de braves troupes, qui se défendent bien, mais qui sont mal menées. — Bon, bon ! Vous apprendrez que j'ai attaqué ces drôles et qu'à la première attaque je les aurai mis en fuite. — Sire, ces drôles-là ne fuient pas si aisément, et je crois devoir le dire à Votre Majesté avec cette vérité et cet intérêt que je lui dois. — Eh bien, vous verrez que ce ne sont pas ces mêmes Russes que vous avez connus.

En effet, ce n'étaient ^sls tout à fait les mêmes : car les réformes militaires de 1755 à 1757 les rendaient beaucoup plus redoutables que ceux qu'avaient commandés Keith et Munich. Le roi allait en faire l'expérience ; et, à son retour de Zorndorf, on remarqua « le silence qu'il garda avec le maréchal sur la bataille, et tout ce qui pouvait avoir rapport aux Russes ^ » .

C'est le 10 août que, du camp de Grùssau, il informa son frère Henri de sa résolution ^.

Je vous prie de me garder le secret le plus absolu sur tout ce que cette lettre comprend, qui n'est que pour votre direction seule. Je marche demain contre les Russes. Comme les événements de guerre peuvent produire toutes sortes d'accident et qu'il peut m'arriver facilement d'être tué, j'ai crvi de mon devoir de vous mettre au fait de mes mesures, d'autant plus que vous êtes le tuteur de notre neveu

1. Hknri de g ATT, Mes Entretiens avec Frédéric le Grand, mémoires et journal, Leipzig, 1885.

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