Politische Correspondenz, t. XVII, p
avec une autorité illimitée : 1^ Si je suis tué, il faut sur-le-champ que toutes les armées prêtent le serment de fidélité à mon neveu ; 2^ il faut continuer d'agir avec tant d'activité que Fennemi ne s'aperçoive d'aucun changement dans le commandement ] 3^ voici le plan que j'ai actuellement : de battre les Russes à plate couture, s'il est possible ; de renvoyer sur-le-champ Dohna contre les Suédois ; et, pour moi, de retourner avec mon corps (contre les Autrichiens).
Évidemment Frédéric, dans sa jn-emière rencontre avec les Russes, comptait sur une nouvelle édition du Veni, vidi^ vici.
Des 55 000 hommes qu'il commandait en Silésie, il en laissait 40 000 pour garder les positions et surveiller les Autrichiens 5 il partait avec 15 000 seulement : 14 bataillons et 38 escadrons, parmi lesquels les meilleurs de sa cavalerie. Il marchait aussi vite que possible ; il courait, ainsi qu'il le dit, « comme un Basque ». Gela ne Tempêchait point, à la nuitée, de lire le De natura Deorum de Gicéron et les Tusculanesy de raisonner avec Gatt sur la philosophie et la métaphysique, et de rimer des vers de roi.
Il était le 12 août à Liegnitz, le 13 à Heinzendorf, le 15 à Dalkau, le 16 à Wartenberg, le 17 à Plothow, le 18 à Krossen, le 19 à Ziebingen. Le 20 il entrait à Francfort, où il trouvait Dohna. Avec les 18 000 liommes que celui-ci lui amenait de Poméranie et les 15 000 hommes que lui-même amenait de Silésie, il se trouvait disposer de 33 000 hommes et de 117 canons, sans compter les pièces régimentaires. Il passa cette armée en revue, et fut frappé du contraste entre les troupes venues de Prusse-Orientale et de Poméranie, bien reposées, bien nourries, bien vêtues, et les siennes propres éprouvées par tant de campagnes, avec des uniformes en loques et des visages tannés par le soleil et les hivers. Il ne dissimula point qu'il avait plus de confiance en ses « diables de Silésie » qu'en ses « bonnets d'ours » de Prusse \ Il avait toujours sur le cœur la défaite de Ja3gersdorf.
Dès qu'il était entré dans le pays qu'avaient parcouru les