‹ Russes et Prussiens, guerre de Sept ansChapitre 41 sur 122 · Histoire de la Guerre de Sept ans · texte numérisé non relu

Histoire de la Guerre de Sept ans

Alors seulement on sentit clans Tarmée rnsse qu'il y avait un commandant en chef. Fernior décida qu'on se rangerait de manière à faire front du côté de Zicher ; il franchit le Galgengrund, et nettoya le Lyssia ; mais jjour descendre sur Zicher, il eût fallu exposer à une attaque de Tennemi ce qui restait encore à Quartschen. Dès lors, jusqu'à 8 heures et demie du soir, la bataille ne fut plus qu'un duel d'artillerie. L'armée russe garda ses positions sur les hauteurs; mais elle abandonnait une partie du terrain qu'elle avait occupé le matin, et c'est là que beaucouiJ de canons, laissés sans soutien et sans servants, purent être recueillis par les Allemands. L'armée prussienne dut camper très dispersée, de Zorndorf à Wilkersdorf, abandonnant aussi une partie de ses positions et par conséquent de son artillerie 5 mais, dans la nuit, elle parvint à ramener ses canons.

I^e soir de la bataille, Frédéric II embrassa Seydlitz : « Je vous dois encore cette victoire », lui dit-il. Sur un tambour^ il écrivit des lettres à la reine, à sa sœur la margrave de Baireuth, à son frère Henri, au ministre d'Etat Finckenstein. Il annonçait qu'il avait « battu » les Russes. Seulement, « l'obscurité Tempêchait de les poursuivre » . Il recevait, à l'instant même, la nouvelle que « Fermor va se rendre » ; que môme « il s'est rendu; mais je n'en suis pas sûr ». Il remettait au lendemain les détails. Il avouait au prince Henri qu'il n'avait « pas toujoiu's trouvé tout le secours possible dans l'infanterie^ ». — Il était plus sincère et [dus expressif dans ses confidences à Gatt :

Elle a été terrible, cette journée, et j'ai vu le moment où tout allait au diable. Tout y serait allé, mon ami, sans mon brave Seydlitz et sans le courage de mon aile droite et surtout celui du régiment de mon cher frère et de Forcade. Je vous le dis : ils ont sauvé TEtat et moi. Aussi ma reconnaissance vivra-t-elle autant que la gloire qu'ils ont acquise dans cette journée, comme mon indignation contre ces régiments de la Prusse, sur lesquels je comptais, ne finira pas.

Page 1