ArcJiives Vorontsof, t. VI, p. 292. Du 16 juillet
n'en continuerez jjas moins votre service*. » On lui offrait donc le commandement du 1^' corps (Frolof-Bagréef, qui en était le titulaire, recevait un autre emploi). Fermer se fit grand honneur en acceptant une situation inférieure dans l'armée qu'il avait commandée en chef. Il remercia dans un style que nous pouvons trouver bien humble, mais qui était celui du pays et de l'époque, celui qu'employait avec Elisabeth la grande-duchesse Catherine ^ :
Très gracieuse Souveraine, moi, le plus humble esclave de Votre Majesté, je tombe à vos pieds impériaux, et je prends la hardiesse d'attester que je serai toujours soumis à votre très haute volonté, que non seulement je continuerai avec le plus grand zèle mon service très humble, mais que j'aiderai le comte Soltykof, par l'action et par le conseil, de toute l'intelligence que je possède. Je ne doute pas que ce général, comme mon supérieur, n'en rende témoignage et que je ne mérite son approbation^.
A la cour on fut très heureux de ces bonnes dispositions : Soltykof était encore un inconnu et Fermer était toujours « l'habile Fermer ». Le chancelier Vorontsof, par une lettre du 14 juillet, s'empressa d'informer Soltykof de cette heureuse nouvelle :
On ne peut qu'espérer la victoire sur Tennemi et prévoir tous les succès qui en découleront, du moment que l'accord entre Votre Excellence et le comte Fermer débute si heureusement : il ne se modifiera pas avec le temps, mais avi contraire se fortifiera par une confiance réciproque et une cordiale collaboration... La concorde entre les chefs, jointe à l'héroïsme et l'intrépidité bien connues de vos troupes, nous donne la meilleure et la plus joyeuse espérance que la présente campagne sera, sinon décisive, du moins tout à fait ruineuse pour le roi de Prusse, à la plus grande gloire de vos noms à tous deux, de l'armée et de la nation russe. L'Europe entière attend de Sa Majesté Impériale, notre très gracieuse souveraine, l'accomplissement d'une œuvre digne d'une gloire immortelle : le rétablissement et l'affermissement d'une paix sûre autant que glorieuse.